Le sucre de canne cristallisé, plus communément appelé « sucre de roche » ou « sucre de plante » dans certaines régions, est souvent recommandé dans la médecine traditionnelle pour ses prétendues vertus. Cependant, il est essentiel de comprendre les implications de son usage, en particulier chez les nourrissons et les nouveau-nés. Cet article explore les potentiels bienfaits et les risques associés à l’utilisation du sucre de plante pour les enfants, tout en analysant les recommandations médicales modernes sur le sujet.
Qu’est-ce que le sucre de plante ?
Le sucre de plante est un produit obtenu par la cristallisation du sucre de canne ou de betterave. Il se présente sous forme de gros cristaux translucides, parfois vendus sous forme de bâtonnets. Le processus de fabrication diffère de celui du sucre granulé traditionnel, car le sucre de plante subit une cristallisation plus lente, ce qui lui permet de prendre sa forme unique et caractéristique.

Dans certaines cultures, le sucre de plante est utilisé depuis des siècles à des fins médicinales ou pour adoucir certaines boissons. On lui attribue des propriétés adoucissantes pour la gorge et des vertus apaisantes. Il est parfois introduit dans des préparations pour bébés ou utilisé de manière traditionnelle pour traiter divers maux chez les nourrissons, tels que les coliques ou les troubles digestifs.
Les prétendus bienfaits du sucre de plante pour les nourrissons
Dans certaines pratiques de médecine traditionnelle, il est conseillé d’administrer du sucre de plante dissous dans de l’eau pour soulager certains problèmes de santé chez les nouveau-nés. Voici les principaux bienfaits qui lui sont souvent attribués :
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Soulagement des coliques et des gaz
L’un des usages les plus courants du sucre de plante chez les nouveau-nés est de prétendument soulager les coliques et les douleurs liées aux gaz. Il est suggéré que la douceur naturelle du sucre de plante, lorsqu’il est dissous dans de l’eau, pourrait aider à calmer l’inconfort digestif. Les propriétés apaisantes supposées du sucre peuvent également jouer un rôle dans le soulagement temporaire des douleurs abdominales. -
Apaisement des pleurs
Certains parents utilisent le sucre de plante comme solution apaisante. Une petite quantité de solution sucrée est parfois donnée au bébé pour calmer les pleurs excessifs ou apaiser un enfant agité. Cette pratique repose sur l’idée que la douceur du sucre agit comme un calmant temporaire. -
Stimulation de l’appétit
Il est parfois recommandé d’utiliser du sucre de plante dissous pour stimuler l’appétit des nourrissons. Cette croyance s’appuie sur l’idée que le goût sucré peut encourager l’enfant à se nourrir, en particulier lorsqu’il traverse des phases de refus de lait ou de difficulté à téter. -
Réduction de la douleur
Des études ont montré que le sucre, sous diverses formes, peut agir comme un analgésique léger chez les nourrissons lorsqu’il est administré avant des interventions médicales mineures, comme les piqûres ou les prises de sang. Ce phénomène est dû à la libération d’endorphines, hormones du plaisir, en réponse au goût sucré.
Les risques et les mises en garde
Bien que le sucre de plante puisse sembler inoffensif, il est important de souligner que son usage chez les nourrissons, en particulier les nouveau-nés, n’est pas sans risque. La majorité des pédiatres et des professionnels de la santé déconseillent fortement l’administration de sucre aux bébés pour les raisons suivantes :
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Risque de carie dentaire
Même si un bébé n’a pas encore de dents, les sucres présents dans la bouche peuvent favoriser la croissance des bactéries responsables des caries une fois les dents apparues. Une exposition précoce et régulière aux sucres, même sous forme de solution diluée, peut augmenter le risque de carie dentaire à l’avenir. -
Obésité infantile et préférence pour le sucre
L’introduction précoce du sucre dans l’alimentation d’un nourrisson peut conduire à une préférence pour les aliments sucrés plus tard dans la vie, augmentant ainsi le risque d’obésité infantile et de problèmes métaboliques. Le goût sucré, lorsqu’il est introduit tôt, peut conditionner l’enfant à préférer les aliments riches en sucre au détriment d’une alimentation équilibrée. -
Impact sur la digestion
Contrairement à certaines croyances, l’administration de sucre de plante aux nourrissons peut perturber leur digestion fragile. Le système digestif des bébés est encore en développement et n’est pas encore adapté à traiter des substances sucrées complexes. Cela peut entraîner des ballonnements, des gaz et même des diarrhées dans certains cas. -
Risque d’étouffement
Si le sucre de plante est administré sous sa forme solide (et non dissous), il présente un risque évident d’étouffement pour les nourrissons, qui ne sont pas encore capables de mastiquer correctement. Ce risque est particulièrement élevé pour les bébés de moins de six mois. -
Absence de bénéfices nutritionnels
Le sucre de plante, tout comme le sucre blanc raffiné, n’apporte aucun bénéfice nutritionnel aux nourrissons. Leur alimentation devrait être strictement limitée au lait maternel ou aux préparations infantiles adaptées jusqu’à six mois. Introduire du sucre, même sous forme diluée, n’ajoute aucun nutriment essentiel au développement de l’enfant.
Recommandations médicales modernes
D’après les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de nombreux pédiatres à travers le monde, les nourrissons ne doivent pas recevoir de sucre ajouté, qu’il s’agisse de sucre de table, de miel ou de sucre de plante, au moins jusqu’à l’âge de 12 mois. Durant cette période, le lait maternel ou les préparations infantiles fournissent tous les nutriments nécessaires à leur développement. Ajouter du sucre, sous quelque forme que ce soit, n’est pas conseillé et peut même être préjudiciable pour leur santé.
Les seules circonstances dans lesquelles l’administration de solutions sucrées est envisagée concernent les procédures médicales spécifiques, comme mentionné précédemment, et cela se fait sous la supervision d’un professionnel de santé. Il est donc crucial de toujours consulter un pédiatre avant d’introduire toute substance sucrée dans l’alimentation d’un nourrisson.
Alternatives pour apaiser les coliques et les pleurs des nourrissons
Les parents, cherchant des solutions pour soulager les pleurs ou les coliques de leurs bébés, peuvent envisager des approches naturelles et sans risque. Parmi celles-ci :
- Le massage du ventre : un massage doux et circulaire sur l’abdomen du bébé peut aider à soulager les gaz et à calmer les coliques.
- L’emmaillotage : envelopper le bébé dans une couverture douce peut le réconforter en recréant la sensation de sécurité qu’il ressentait dans l’utérus.
- L’allaitement fréquent : l’alimentation au sein ou au biberon à intervalles réguliers peut apaiser un bébé agité.
- Le portage : porter le bébé dans une écharpe ou un porte-bébé peut le rassurer et aider à calmer ses pleurs.
Conclusion
Bien que le sucre de plante ait une longue tradition d’utilisation pour traiter certains maux chez les nourrissons dans certaines cultures, les preuves scientifiques modernes déconseillent son usage pour les nouveau-nés. Les risques potentiels, notamment les problèmes dentaires, les troubles digestifs et l’obésité infantile, l’emportent sur les éventuels bénéfices à court terme. Il est essentiel que les parents se tournent vers des alternatives plus sûres et approuvées par des professionnels de santé pour soulager les coliques et apaiser les pleurs de leurs bébés.