Les structures de contrôle, également connues sous le nom de « boucles » et « conditions », sont des éléments essentiels dans le développement de scripts shell. Elles permettent de guider l’exécution du script en fonction de certaines conditions ou de répéter des blocs de code jusqu’à ce qu’une condition spécifiée soit satisfaite. Dans cet exposé, nous examinerons en détail les différentes méthodes pour utiliser ces structures de contrôle dans les scripts shell, en mettant l’accent sur la richesse des fonctionnalités qu’elles offrent.
Commençons par les structures conditionnelles. Dans un script shell, les commandes conditionnelles sont utilisées pour prendre des décisions basées sur l’évaluation de conditions spécifiques. La structure la plus couramment utilisée est la commande if
, qui permet d’exécuter un bloc de code si une condition particulière est vraie. Voici un exemple de syntaxe :

bashif [ condition ]; then
# Bloc de code à exécuter si la condition est vraie
fi
La condition entre crochets peut être une comparaison numérique, une comparaison de chaînes, ou toute autre évaluation qui retourne un résultat booléen. Par exemple, pour vérifier si deux variables sont égales, on pourrait utiliser :
bashif [ "$variable1" = "$variable2" ]; then
# Bloc de code à exécuter si les variables sont égales
fi
De plus, la commande elif
peut être utilisée pour ajouter des conditions supplémentaires, offrant ainsi une structure de prise de décision plus complexe. Cette structure conditionnelle permet d’effectuer des opérations spécifiques en fonction de diverses situations.
Par ailleurs, les structures de boucle sont cruciales pour répéter des opérations jusqu’à ce qu’une condition spécifique soit atteinte. Le principal constructeur de boucle dans les scripts shell est la commande while
. Voici un exemple de son utilisation :
bashwhile [ condition ]; do
# Bloc de code à répéter tant que la condition est vraie
done
Dans cet exemple, le bloc de code entre do
et done
est répété tant que la condition spécifiée entre crochets est vraie. Cela permet d’implémenter des itérations flexibles dans le script.
Une autre commande de boucle courante est for
, qui permet de parcourir une séquence d’éléments. Par exemple, pour parcourir tous les fichiers d’un répertoire, on pourrait utiliser :
bashfor fichier in *; do
# Bloc de code à exécuter pour chaque fichier
done
La variable fichier
prend successivement la valeur de chaque fichier dans le répertoire, permettant ainsi d’effectuer des opérations spécifiques pour chaque élément de la séquence.
En outre, la commande until
offre une approche différente en répétant le bloc de code tant que la condition spécifiée est fausse. Cela peut être utile lorsque l’on veut exécuter un bloc de code jusqu’à ce qu’une condition particulière soit satisfaite.
Il convient de noter que les structures de contrôle dans les scripts shell peuvent également être combinées pour créer des scénarios complexes. Par exemple, une boucle while
peut être imbriquée dans une structure conditionnelle if
pour atteindre des fonctionnalités plus avancées.
Pour illustrer davantage l’utilisation pratique de ces structures de contrôle, considérons un exemple concret de script shell qui recherche et affiche tous les fichiers avec une extension spécifique dans un répertoire donné :
bash#!/bin/bash
repertoire="/chemin/vers/le/repertoire"
extension=".txt"
echo "Fichiers avec l'extension $extension dans le répertoire $repertoire :"
for fichier in "$repertoire"/*; do
if [ -f "$fichier" ] && [ "${fichier##*.}" = "$extension" ]; then
echo "$fichier"
fi
done
Dans ce script, la boucle for
parcourt tous les fichiers du répertoire spécifié, tandis que la structure conditionnelle if
filtre les fichiers en fonction de leur extension. Cela démontre comment les structures de contrôle peuvent être combinées de manière efficace pour accomplir des tâches spécifiques.
En conclusion, les structures de contrôle dans les scripts shell offrent une flexibilité significative pour gérer le flux d’exécution en fonction de conditions spécifiques ou pour répéter des blocs de code. En maîtrisant ces structures, les développeurs peuvent créer des scripts shell puissants et adaptés à une variété de tâches. Ce premier volet de l’exposé met en lumière les bases des structures conditionnelles et des boucles, jetant ainsi les fondations pour une exploration plus approfondie dans la deuxième partie.
Plus de connaissances
Continuons notre exploration des structures de contrôle dans les scripts shell en approfondissant notre compréhension des opérateurs de comparaison, des structures de contrôle avancées et en abordant des concepts tels que les fonctions et les tableaux, qui enrichissent davantage le répertoire des fonctionnalités disponibles.
L’un des éléments clés lors de l’utilisation des structures de contrôle dans les scripts shell est la maîtrise des opérateurs de comparaison. Ces opérateurs permettent d’évaluer des expressions conditionnelles, et leur compréhension est cruciale pour la mise en œuvre d’algorithmes plus complexes. Les opérateurs les plus couramment utilisés incluent l’égalité (=
ou ==
), la différence (!=
), la supériorité (>
), l’infériorité (<
), la supériorité ou égalité (>=
), et l'infériorité ou égalité (<=
). Ces opérateurs sont utilisés pour comparer des chaînes de caractères, des nombres, ou d'autres types de données.
Considérons un exemple où un script shell utilise des opérateurs de comparaison pour déterminer si un nombre est positif, négatif ou nul :
bash#!/bin/bash
nombre=42
if [ $nombre -gt 0 ]; then
echo "Le nombre est positif."
elif [ $nombre -lt 0 ]; then
echo "Le nombre est négatif."
else
echo "Le nombre est nul."
fi
Dans cet exemple, l'opérateur -gt
vérifie si le nombre est supérieur à zéro, -lt
vérifie s'il est inférieur à zéro, et le bloc else
gère le cas où le nombre est égal à zéro.
Passons maintenant aux structures de contrôle plus avancées. L'instruction case
permet de réaliser des comparaisons multiples sur la valeur d'une variable. Elle offre une alternative plus lisible à plusieurs instructions if-elif-else
. Voici un exemple d'utilisation de l'instruction case
:
bash#!/bin/bash
fruit="pomme"
case $fruit in
"pomme")
echo "C'est une pomme."
;;
"banane")
echo "C'est une banane."
;;
"fraise" | "framboise")
echo "C'est une fraise ou une framboise."
;;
*)
echo "Je ne sais pas quel type de fruit c'est."
;;
esac
Cette structure permet d'éviter une cascade d'instructions if-elif
en fournissant une syntaxe plus concise et facile à lire.
En outre, les scripts shell peuvent utiliser des fonctions pour organiser le code de manière modulaire. Les fonctions permettent d'encapsuler des blocs de code spécifiques, facilitant la réutilisation et la maintenance du code. Voici un exemple illustrant la définition et l'appel d'une fonction :
bash#!/bin/bash
afficher_message() {
echo "Bonjour, ceci est un message de la fonction."
}
# Appel de la fonction
afficher_message
L'utilisation de fonctions dans les scripts shell devient particulièrement utile lorsqu'il s'agit de gérer des tâches répétitives ou de décomposer des scripts volumineux en composants plus gérables.
Enfin, explorons la manipulation des tableaux dans les scripts shell. Les tableaux permettent de stocker plusieurs valeurs dans une seule variable. Voici un exemple d'utilisation de tableaux pour stocker une liste de noms :
bash#!/bin/bash
noms=("Alice" "Bob" "Charlie" "David")
# Afficher tous les noms dans le tableau
for nom in "${noms[@]}"; do
echo $nom
done
Cet exemple utilise la syntaxe [@]
pour parcourir tous les éléments du tableau. Les tableaux peuvent être utilisés pour stocker des informations structurées et sont particulièrement utiles dans des scénarios où plusieurs valeurs doivent être gérées en tant qu'ensemble.
En conclusion, les structures de contrôle dans les scripts shell offrent une palette diversifiée d'outils pour gérer le flux d'exécution, prendre des décisions, répéter des opérations, et organiser le code de manière modulaire. La maîtrise des opérateurs de comparaison, l'utilisation des structures de contrôle avancées telles que case
, l'intégration de fonctions pour modulariser le code, et l'exploitation des tableaux pour stocker des données structurées sont autant d'éléments qui enrichissent la boîte à outils des développeurs shell. Dans la prochaine partie, nous explorerons des scénarios d'application plus complexes, mettant en œuvre ces concepts dans des scripts shell pratiques et fonctionnels.