La gestion de l’environnement KVM (Kernel-based Virtual Machine) à l’aide d’outils en ligne de commande est un sujet complexe mais crucial dans le domaine de la virtualisation. KVM est une solution de virtualisation intégrée au noyau Linux, offrant une plateforme robuste pour exécuter des machines virtuelles sur des systèmes Linux. L’utilisation d’outils en ligne de commande pour administrer les environnements KVM procure une flexibilité et un contrôle approfondis sur les machines virtuelles, tout en permettant une gestion efficace des ressources système.
Pour commencer, il est essentiel de comprendre le rôle fondamental de KVM dans la virtualisation. KVM exploite les extensions de virtualisation matérielles disponibles dans les processeurs modernes pour créer des machines virtuelles capables d’exécuter des systèmes d’exploitation invités. Ce faisant, il fournit une couche d’abstraction entre le matériel physique et les machines virtuelles, permettant ainsi l’exécution simultanée de plusieurs systèmes d’exploitation sur un seul hôte.

La gestion de l’environnement KVM via l’interface de ligne de commande implique l’utilisation d’outils spécifiques. Un outil central dans ce contexte est virsh
, une interface de gestion de la virtualisation qui utilise la libvirt API pour interagir avec KVM. virsh
offre une variété de commandes permettant de gérer des machines virtuelles, de surveiller les performances, d’effectuer des opérations de sauvegarde, et bien plus encore.
Pour lister les machines virtuelles actuellement en cours d’exécution, on peut utiliser la commande suivante :
bashvirsh list
Cette commande affiche une liste des machines virtuelles actives, avec des détails tels que l’ID, l’état, et le nom.
Pour démarrer une machine virtuelle, la commande serait :
bashvirsh start nom_de_la_machine
De même, pour arrêter une machine virtuelle, on utiliserait :
bashvirsh shutdown nom_de_la_machine
L’administration des ressources attribuées à chaque machine virtuelle est cruciale. Pour définir la quantité de mémoire allouée à une machine virtuelle, la commande serait la suivante :
bashvirsh setmem nom_de_la_machine quantité_de_mémoire
Il est également possible d’ajuster la capacité de processeur allouée à une machine virtuelle en utilisant :
bashvirsh setvcpus nom_de_la_machine nombre_de_cpus
La gestion du stockage des machines virtuelles est une composante importante de l’administration KVM. La création d’un nouveau disque virtuel peut se faire avec la commande suivante :
bashqemu-img create -f qcow2 chemin/vers/nouveau_disque.qcow2 taille_du_disque
Une fois le disque créé, il peut être attaché à une machine virtuelle existante via virsh
:
bashvirsh attach-disk nom_de_la_machine chemin/vers/nouveau_disque.qcow2 vdx --targetbus virtio --subdriver qcow2 --persistent
Il est également crucial de sauvegarder et de restaurer des machines virtuelles. Pour créer une sauvegarde, la commande serait la suivante :
bashvirsh snapshot-create-as --domain nom_de_la_machine --name nom_de_la_sauvegarde --description "Description de la sauvegarde"
Et pour restaurer à partir d’une sauvegarde :
bashvirsh snapshot-revert --domain nom_de_la_machine --snapshotname nom_de_la_sauvegarde
En outre, il est possible de cloner une machine virtuelle existante avec la commande :
bashvirt-clone --original nom_de_la_machine --name nom_du_clone --auto-clone
La sécurité des machines virtuelles est une préoccupation majeure. Il est possible de définir des politiques de sécurité, notamment en limitant l’accès réseau. Pour cela, on peut utiliser firewalld
avec les règles appropriées.
La surveillance des performances des machines virtuelles est un aspect crucial de l’administration KVM. L’utilisation de la commande virsh top
permet de surveiller en temps réel l’utilisation des ressources par les machines virtuelles.
En conclusion, la gestion de l’environnement KVM à l’aide d’outils en ligne de commande offre un contrôle approfondi et une flexibilité accrue pour les administrateurs système. En comprenant les commandes de base telles que celles présentées ci-dessus, les utilisateurs peuvent efficacement créer, gérer, surveiller et sécuriser des environnements de virtualisation à l’aide de KVM.
Plus de connaissances
Au-delà des commandes de base précédemment mentionnées, la gestion avancée de l’environnement KVM via l’interface de ligne de commande implique l’utilisation de diverses fonctionnalités et options pour répondre aux besoins spécifiques des administrateurs système. Explorons davantage ces aspects avancés.
Gestion des réseaux virtuels (virt-network)
KVM permet la création de réseaux virtuels pour connecter les machines virtuelles. La gestion de ces réseaux peut se faire via l’outil virsh
. Pour créer un réseau virtuel, on peut utiliser la commande suivante :
bashvirsh net-define chemin/vers/fichier_de_définition.xml virsh net-start nom_du_reseau virsh net-autostart nom_du_reseau
Le fichier XML de définition spécifie les paramètres du réseau virtuel, tels que les plages d’adresses IP, les sous-réseaux, etc.
Utilisation de Cloud-init
Pour automatiser la configuration des machines virtuelles, KVM prend en charge Cloud-init. Il s’agit d’un ensemble d’outils qui facilitent la personnalisation des instances de machines virtuelles au moment du déploiement. Pour utiliser Cloud-init avec KVM, on peut spécifier un fichier cloud-init lors de la création d’une machine virtuelle :
bashvirt-install --name nom_de_la_machine --memory taille_de_la_mémoire --vcpus nombre_de_cpus --cdrom chemin/vers/fichier_cloud-init.iso --disk chemin/vers/image_disque.qcow2 --os-variant ubuntu20.04
Le fichier cloud-init peut contenir des scripts d’initialisation, des configurations d’utilisateurs, des clés SSH, etc.
Migration en direct (live migration)
La migration en direct permet de déplacer une machine virtuelle d’un hôte KVM à un autre sans interruption de service. Pour effectuer une migration en direct, la commande serait :
bashvirsh migrate --live nom_de_la_machine qemu+ssh://hote_destination/system
Cela suppose que la migration en direct est supportée par l’hyperviseur de destination.
Surveillance avec Grafana et Prometheus
Pour une surveillance approfondie des performances, l’intégration de Grafana et Prometheus peut être bénéfique. Ces outils permettent de collecter des métriques et de créer des tableaux de bord interactifs pour visualiser les performances du système et des machines virtuelles. L’exporteur libvirt peut être utilisé pour exporter des métriques vers Prometheus.
Scripting avec Libvirt
Libvirt est une API qui facilite l’automatisation des tâches de gestion KVM. Les scripts peuvent être élaborés en utilisant des langages de script comme Bash, Python, ou Perl pour effectuer des opérations complexes. Par exemple, la création de plusieurs machines virtuelles avec des configurations spécifiques peut être automatisée à l’aide de scripts.
Gestion des snapshots
Outre la création et la restauration de snapshots, la gestion des instantanés (snapshots) peut être affinée davantage. Les instantanés peuvent être automatiquement planifiés pour capturer des états spécifiques de la machine virtuelle, assurant ainsi une gestion efficace des versions.
Virtualisation avec VFIO
KVM prend en charge la virtualisation avec VFIO (Virtual Function I/O). Cette fonctionnalité permet de passer des dispositifs matériels directement à une machine virtuelle, offrant une performance accrue pour les applications nécessitant un accès direct au matériel.
Utilisation de SELinux
Pour renforcer la sécurité des machines virtuelles, l’intégration de SELinux (Security-Enhanced Linux) peut être explorée. SELinux peut être configuré pour appliquer des politiques de sécurité strictes aux processus liés à KVM.
Exploitation de la virtualisation ancrée (Nested Virtualization)
KVM prend en charge la virtualisation ancrée, ce qui signifie que des machines virtuelles peuvent être exécutées à l’intérieur de machines virtuelles. Cette fonctionnalité peut être utile pour des scénarios de développement et de test.
En conclusion, la gestion avancée de l’environnement KVM via l’interface de ligne de commande implique l’exploration de fonctionnalités telles que la gestion des réseaux virtuels, l’automatisation avec Cloud-init, la migration en direct, la surveillance avec Grafana et Prometheus, le scripting avec Libvirt, la gestion des snapshots, la virtualisation avec VFIO, l’utilisation de SELinux, et l’exploitation de la virtualisation ancrée. Ces éléments étendent la palette d’outils dont disposent les administrateurs système pour tirer pleinement parti de l’environnement KVM dans des scénarios variés et complexes.