La Historique de la Citadelle de Hassan : Un Symbole de l’Architecture Islamique et de l’Histoire du Maroc
La Tour Hassan (ou La Citadelle de Hassan), l’un des monuments les plus emblématiques de la ville de Rabat, est un site historique chargé de symbolisme et de significations multiples. Son nom, qui évoque à la fois une figure religieuse et royale, fait l’objet de nombreuses interrogations et spéculations. Pourquoi ce monument porte-t-il le nom de « Hassan » ? Et quelle est l’histoire qui se cache derrière cette appellation ?
Une Tour Imposante, un Projet Ambitieux
Avant de nous pencher sur l’origine du nom « Hassan », il est important de comprendre le contexte historique et architectural de la Tour Hassan. Ce monument, qui a marqué de manière indélébile le paysage de Rabat, était destiné à être l’un des plus grands minarets du monde musulman. Sa construction a débuté en 1195 sous le règne du calife almohade Ya’qub al-Mansur, un souverain qui visait à ériger à Rabat une nouvelle capitale impériale. Le projet comprenait également la construction d’une grande mosquée, la plus vaste du Maghreb à l’époque.

Malheureusement, à la suite de la mort prématurée d’al-Mansur en 1199, les travaux de construction furent abandonnés. La mosquée, qui devait mesurer 200 mètres de long et abriter plusieurs milliers de fidèles, n’a jamais vu le jour dans sa forme projetée. La tour, bien que non achevée, s’élève toujours majestueusement sur la ville, et elle reste l’un des symboles de l’ambition et de la grandeur de l’Empire almohade. La structure inachevée et les vestiges de la mosquée qui l’entourent témoignent de l’ampleur de l’ambition architecturale de l’époque.
Pourquoi « Hassan » ?
Le nom de la Tour Hassan est lié à un personnage historique de premier plan dans l’histoire du Maroc : Hassan Ier, un souverain de la dynastie alaouite, qui régna de 1873 à 1894. Cependant, le lien entre la tour et ce roi est indirect. En effet, bien que le projet de la tour ait été lancé bien avant l’ère d’Hassan Ier, il est probable que cette appellation soit une manière de rendre hommage à ce souverain alaouite, qui a grandement contribué à l’essor de la ville de Rabat. Sous son règne, Rabat est devenue une ville royale importante et un centre administratif clé, et il est possible qu’il ait voulu marquer de manière symbolique son association avec la tour en l’ayant appelée ainsi. Le roi Hassan Ier, à l’image de nombreux monarques de l’époque, était un homme très respecté, et l’attribution de son nom à un monument important comme la tour relève d’une volonté de lier la grandeur de la ville à la légitimité de la dynastie alaouite.
Il convient de noter que le nom de la Tour Hassan n’est pas le seul à faire référence à des figures historiques importantes. Au Maroc, de nombreux monuments portent des noms de personnages célèbres de l’histoire du pays, souvent pour honorer leur héritage et leur influence. L’appellation de la tour est donc un exemple de cette pratique, mais elle reflète également la volonté de lier les monuments à l’identité nationale et à la continuité de la dynastie royale.
Une Importance Symbolique
Au-delà de son lien avec le roi Hassan Ier, la Tour Hassan revêt une importance symbolique bien plus large. La tour elle-même, avec sa hauteur imposante de 44 mètres, représente la puissance et la gloire de l’époque almohade. Le fait qu’elle soit restée inachevée n’a fait qu’ajouter à son mystère et à son attrait. Elle est devenue au fil des siècles un symbole de l’architecture islamique classique, un exemple frappant de l’harmonie entre l’art et la science, entre la foi et la culture. En raison de son inachèvement, la tour exprime aussi l’idée de la fragilité des ambitions humaines face au temps et à l’histoire.
La Tour Hassan et la mosquée qui devait l’entourer étaient destinées à dominer le paysage urbain de Rabat, et leur conception s’inscrivait dans une volonté de grandeur et de rayonnement culturel et religieux. En plus de sa fonction de minaret, la tour était censée marquer le centre spirituel de la ville et servir de point de ralliement pour les croyants. L’idée était de créer un espace de prière qui se distingue à la fois par sa beauté et sa fonction religieuse, mais aussi par son rôle dans la structuration de la ville. Si la mosquée n’a jamais été terminée, la tour, quant à elle, est restée un témoignage monumental de ce projet ambitieux.
Le Site Aujourd’hui : Un Monument Historique et Touristique
Aujourd’hui, la Tour Hassan est un site touristique majeur de Rabat. Avec son architecture imposante, ses colonnes en ruines, et son association avec l’histoire islamique et la dynastie almohade, elle attire chaque année des milliers de visiteurs. Le site est également un lieu symbolique de rassemblement pour des événements nationaux importants, et il constitue un point d’ancrage dans le tissu urbain de Rabat.
Le mausolée de Mohammed V, situé à proximité, ajoute une autre dimension à l’importance historique de la Tour Hassan. Ce mausolée, qui abrite les tombes du roi Mohammed V et de ses fils, a été construit dans un style architectural qui fait écho aux formes de l’époque almohade. La proximité de la Tour Hassan et du mausolée fait de ce site un centre de mémoire pour l’histoire du Maroc moderne et une référence dans le paysage de la capitale.
Conclusion : L’Héritage d’un Monument
La Tour Hassan, bien que nommée en l’honneur de Hassan Ier, un roi de la dynastie alaouite, ne se limite pas à cet hommage. Elle incarne un héritage bien plus ancien et complexe, celui de l’Empire almohade et de ses ambitions architecturales. Aujourd’hui, elle reste l’un des monuments les plus majestueux du Maroc, un témoignage vivant de la grandeur du passé, et un point de convergence entre histoire, culture et religion. Si le nom « Hassan » a été attribué pour rendre hommage à un souverain marquant, la tour elle-même raconte une histoire bien plus vaste, celle d’une époque révolue, mais toujours vivante dans la mémoire collective des Marocains.