Les mers fermées : une exploration géographique et écologique des bassins marins sans accès direct à l’océan mondial
Les mers fermées, ou mers intérieures, sont des plans d’eau qui n’ont pas de connexion directe avec les océans. Ces mers sont généralement entourées de terres, et leurs systèmes écologiques sont souvent caractérisés par des conditions uniques qui diffèrent de celles des océans ouverts. La notion de « mer fermée » est particulièrement intéressante d’un point de vue géographique et écologique, car ces corps d’eau sont soumis à des variations de salinité, de température et de biodiversité qui peuvent être très distinctes de celles des mers ouvertes.
Cet article explore les caractéristiques des mers fermées à travers le monde, en mettant l’accent sur leur géographie, leur importance écologique et leur impact sur les sociétés humaines.

Qu’est-ce qu’une mer fermée ?
Une mer fermée, également appelée mer intérieure, est un plan d’eau de grande taille qui est presque entièrement entouré de terres. Contrairement aux océans, ces mers n’ont pas de communication directe avec l’océan mondial par un détroit ou un autre passage maritime naturel. Cela signifie qu’elles ne bénéficient pas des échanges d’eau qui caractérisent les mers ouvertes. En raison de cette absence de circulation, ces mers peuvent devenir des systèmes isolés, avec des caractéristiques physiques et chimiques très spécifiques.
Les mers fermées peuvent être salées ou douces, mais leur salinité varie souvent en fonction de l’évaporation de l’eau et des apports d’eau douce. Certaines de ces mers, comme la mer Morte, sont connues pour avoir des niveaux de salinité extraordinairement élevés, tandis que d’autres, comme la mer Caspienne, sont presque en eau douce.
Les principales mers fermées dans le monde
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La mer Caspienne
La mer Caspienne est de loin la plus grande mer fermée du monde. Située entre l’Europe et l’Asie, elle s’étend sur environ 371 000 kilomètres carrés, ce qui en fait le plus grand plan d’eau intérieur de la planète. Bien qu’elle soit appelée « mer », la mer Caspienne est techniquement un lac salé. Son salinité varie selon les zones, mais elle reste plus salée que l’eau douce. Cette mer est entourée par cinq pays : la Russie, le Kazakhstan, le Turkménistan, l’Iran et l’Azerbaïdjan.
La mer Caspienne joue un rôle important dans la biodiversité régionale, abritant des espèces uniques telles que le béluga, un poisson qui produit du caviar. Elle est également un site stratégique en raison de ses ressources naturelles, notamment le pétrole et le gaz naturel.
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La mer Morte
Située entre la Jordanie, Israël et la Palestine, la mer Morte est un autre exemple de mer fermée extrêmement salée. Son eau est si salée que la densité de l’eau permet aux gens de flotter facilement à sa surface. La mer Morte est également célèbre pour son faible niveau d’eau, étant l’un des points les plus bas de la Terre, à environ 430 mètres sous le niveau de la mer.
L’évaporation de l’eau dans la mer Morte a conduit à une concentration élevée de sels et de minéraux, donnant à cette mer des propriétés thérapeutiques. Cependant, l’accès à l’eau de la mer Morte est devenu de plus en plus limité en raison de la baisse du niveau de l’eau, principalement causée par l’extraction d’eau du fleuve Jourdain et par l’évaporation excessive.
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La mer d’Aral
Autrefois l’une des plus grandes mers intérieures du monde, la mer d’Aral est aujourd’hui un exemple tragique de la dégradation environnementale. Située entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, cette mer a été largement asséchée à cause de la détournement de ses affluents pour l’irrigation agricole. La mer d’Aral a connu une réduction dramatique de sa superficie et de son volume d’eau, affectant profondément l’écosystème local et les communautés humaines qui dépendaient de ses ressources.
Aujourd’hui, la mer d’Aral est un symbole des effets néfastes de l’irrigation intensive et de la gestion inappropriée des ressources en eau. La disparition de la mer d’Aral a provoqué des changements climatiques locaux et a créé un désert salin qui continue de polluer les terres environnantes.
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Le lac d’Issyk-Koul
Le lac d’Issyk-Koul, situé au Kirghizistan, est un autre exemple de mer fermée qui mérite d’être mentionné. Bien qu’il s’agisse d’un lac d’eau douce, ses caractéristiques géographiques et écologiques lui confèrent des similitudes avec les mers fermées. Le lac est alimenté par des rivières de montagne et est entouré par des chaînes de montagnes imposantes, créant un environnement unique pour les espèces endémiques de la région.
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Le lac d’Urmia
Le lac d’Urmia, situé en Iran, était autrefois l’une des plus grandes étendues d’eau salée de la région. Cependant, à cause de la gestion inefficace des ressources en eau et de la construction de barrages, le lac a considérablement diminué en taille. Le déclin rapide de la superficie du lac a eu un impact écologique majeur, affectant la faune locale et la qualité de l’air.
Les caractéristiques écologiques des mers fermées
Les mers fermées, en raison de leur isolement géographique et de leur manque de connexions avec l’océan, présentent des caractéristiques écologiques uniques. Certaines de ces mers, comme la mer Caspienne et la mer Morte, sont riches en minéraux dissous, ce qui crée des environnements extrêmes pour les organismes vivants.
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Biodiversité extrême :
Dans des mers comme la mer Caspienne, la biodiversité est souvent composée de rares espèces adaptées à des conditions difficiles, comme des poissons qui tolèrent des niveaux de salinité élevés. Certaines espèces endémiques ne se retrouvent nulle part ailleurs sur la planète. Par exemple, le caviar provenant des esturgeons de la mer Caspienne est une denrée très prisée.
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Salinité variable :
Les mers fermées peuvent avoir des niveaux de salinité très variés, allant de légèrement salé (comme la mer Caspienne) à extrêmement salé (comme la mer Morte). Les niveaux de salinité fluctuent en fonction des apports d’eau douce et des taux d’évaporation. Cette salinité élevée empêche de nombreuses formes de vie marine, mais permet aux espèces spécialisées de prospérer.
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Problèmes environnementaux :
De nombreuses mers fermées sont confrontées à des problèmes environnementaux majeurs. L’évaporation excessive, combinée à des apports d’eau insuffisants ou à des activités humaines telles que l’irrigation et l’exploitation minière, peut entraîner une diminution du volume d’eau disponible. La mer d’Aral en est un exemple tragique. La perte de surface des mers fermées entraîne la disparition de la biodiversité et la détérioration des écosystèmes locaux.
Impact sur les sociétés humaines
Les mers fermées ont joué un rôle crucial dans les sociétés humaines qui vivent à proximité. Historiquement, elles ont fourni des ressources en eau, des moyens de transport, et dans certains cas, des ressources minérales et halieutiques.
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Ressources naturelles :
La mer Caspienne, par exemple, est une zone riche en pétrole et en gaz naturel. Sa richesse en ressources a fait l’objet de nombreuses études et de projets d’extraction. De même, la mer Morte est connue pour ses minéraux et ses sels qui ont été utilisés à des fins thérapeutiques et commerciales.
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Changement climatique et effets sociaux :
La disparition de la mer d’Aral a eu des conséquences dramatiques pour les populations locales. La perte d’une source d’eau douce a affecté l’agriculture et la pêche, perturbant gravement les moyens de subsistance dans la région. En outre, la poussière salée provenant du fond asséché du lac a créé des conditions de vie malsaines et a aggravé les problèmes de santé publique.
Conclusion
Les mers fermées sont des environnements fascinants, présentant des caractéristiques écologiques uniques qui en font des sujets d’étude intéressants pour les scientifiques et les chercheurs. Si elles sont source de richesse, elles sont également vulnérables aux effets des activités humaines et aux changements climatiques. Leur préservation est essentielle, non seulement pour protéger la biodiversité qu’elles abritent, mais aussi pour garantir la pérennité des ressources naturelles qui en dépendent.
Les mers fermées, malgré leur isolement, continuent de jouer un rôle central dans les dynamiques écologiques et économiques régionales. Il est crucial que nous prenions conscience de leur fragilité afin de mieux les gérer et de prévenir la disparition de ces écosystèmes précieux.