La fondation de la ville de Bagdad remonte à l’année 762 par le calife abbasside Al-Mansur. Cette fondation est intimement liée à un contexte politique et symbolique fort. Al-Mansur, en créant cette nouvelle capitale, souhaitait affirmer la légitimité de la dynastie abbasside, fraîchement installée au pouvoir, et marquer une rupture avec le passé omeyyade. Bagdad devint ainsi le symbole de la nouvelle ère abbasside, caractérisée par un rayonnement intellectuel, culturel et politique sans précédent dans le monde musulman de l’époque.
La fondation de Bagdad fut aussi motivée par des considérations géographiques et stratégiques. Située sur la rive occidentale du Tigre, la ville était au cœur des routes commerciales terrestres et fluviales, ce qui en fit un important centre commercial et culturel. De plus, sa position centrale dans l’empire abbasside en fit un carrefour de rencontres entre les différentes cultures et civilisations de l’époque, favorisant ainsi les échanges intellectuels et artistiques.

Bagdad fut également conçue selon un plan architectural novateur pour l’époque, avec ses rues larges et rectilignes, ses nombreux jardins et ses palais somptueux. La ville devint rapidement l’une des plus grandes et des plus riches du monde, attirant des savants, des artistes et des commerçants venus de tous horizons.
Au fil des siècles, Bagdad a connu des périodes de prospérité et de déclin, marquées par des invasions, des conflits internes et des changements politiques. Cependant, son rôle de centre culturel et intellectuel n’a jamais vraiment disparu, et la ville a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de la civilisation islamique et du Moyen-Orient.
Plus de connaissances
La fondation de Bagdad par le calife abbasside Al-Mansur en 762 marque un tournant majeur dans l’histoire de l’islam et du monde arabe. Cette fondation s’inscrit dans un contexte de consolidation du pouvoir abbasside et de recherche d’une capitale à la fois politique, économique et culturelle, loin des influences omeyyades de Damas.
Al-Mansur choisit un site stratégique sur la rive occidentale du Tigre, près des anciennes cités de Ctésiphon et de Séleucie. Il fit ériger une ville nouvelle, circulaire, symbolisant la centralité du pouvoir califal. Bagdad fut construite selon un plan en forme de croissant, avec le fleuve Tigre comme arc externe, et des murs délimitant la ville interne. Ses rues étaient larges et bien tracées, avec des quartiers distincts pour les différentes fonctions de la ville.
Bagdad devint rapidement un centre intellectuel majeur, attirant des savants, des philosophes et des artistes de tout le monde musulman et au-delà. La bibliothèque de Bagdad, la Maison de la sagesse, fut l’un des centres de savoir les plus importants de l’époque, rassemblant des manuscrits de différentes cultures et permettant leur traduction et leur préservation.
La ville connut son apogée sous le règne de Haroun al-Rachid (786-809) et de son fils Al-Mamun (813-833), période durant laquelle Bagdad devint le centre d’une brillante civilisation islamique, favorisant les échanges culturels et scientifiques avec les cultures grecque, persane, indienne et chinoise.
Bagdad était également un important centre commercial, situé sur la route de la soie, ce qui contribua à sa prospérité économique. La ville était réputée pour ses marchés et ses artisans, produisant des biens de luxe qui étaient exportés à travers le monde musulman et au-delà.
Cependant, au fil des siècles, Bagdad a connu des périodes de déclin, notamment sous la domination mongole au XIIIe siècle, qui fut marquée par la destruction de la ville et la fin de son âge d’or. Bagdad a par la suite été reconstruite, mais elle n’a jamais retrouvé sa grandeur passée.
Aujourd’hui, Bagdad est la capitale de l’Irak et reste un centre culturel et historique important, bien que son histoire millénaire ait été marquée par de nombreuses vicissitudes.