La question de la capitale de la Palestine est complexe et empreinte de considérations politiques, diplomatiques et historiques. Actuellement, la capitale revendiquée de la Palestine est Jérusalem-Est. Cependant, la reconnaissance internationale de cette situation est marquée par des divergences significatives et des débats diplomatiques.
Contexte historique et politique

La ville de Jérusalem occupe une place centrale dans les revendications nationales des Palestiniens. Historiquement, Jérusalem a été un carrefour de civilisations et de religions, étant sacrée pour le judaïsme, le christianisme et l’islam. Les Palestiniens considèrent Jérusalem-Est, la partie de la ville située à l’est du mur de séparation israélien et de la ligne verte de 1967, comme leur future capitale en raison de son importance historique et religieuse dans le contexte de la revendication nationale palestinienne.
En 1967, lors de la Guerre des Six Jours, Israël a occupé Jérusalem-Est et l’a annexée, une action qui n’a pas été reconnue par la communauté internationale. Cette annexion a entraîné un statu quo délicat où Jérusalem est devenue une ville divisée, avec des tensions croissantes entre les autorités israéliennes et palestiniennes. La communauté internationale, notamment à travers les résolutions des Nations Unies, a majoritairement rejeté cette annexion et continue de considérer Jérusalem-Est comme un territoire occupé.
Les revendications palestiniennes
Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme leur capitale pour plusieurs raisons :
-
Signification historique : Jérusalem-Est est le site de la vieille ville, comprenant des lieux saints importants tels que le Mur des Lamentations, le Dôme du Rocher et l’Église du Saint-Sépulcre. Pour les Palestiniens, cette partie de Jérusalem est le cœur historique et spirituel de leur patrimoine.
-
Répartition démographique : Jérusalem-Est abrite une grande population palestinienne, ce qui renforce l’argument selon lequel cette région devrait être la capitale d’un futur État palestinien. La ville est également le centre de la vie culturelle et politique pour les Palestiniens de Jérusalem.
-
Accords internationaux : Les Accords d’Oslo, signés dans les années 1990, ont abordé la question de Jérusalem en prévoyant que son statut serait négocié dans un cadre de négociations ultérieures. Les Palestiniens se basent sur cette disposition pour affirmer leur droit à faire de Jérusalem-Est leur capitale.
La position internationale
La communauté internationale est divisée sur le statut de Jérusalem. La majorité des pays et des organisations internationales ne reconnaissent pas l’annexion israélienne de Jérusalem-Est et soutiennent la solution à deux États où Jérusalem serait la capitale de deux États, Israël et la Palestine, avec des arrangements spéciaux pour la ville.
-
Résolutions des Nations Unies : Plusieurs résolutions, telles que la Résolution 242 et la Résolution 338, soulignent le caractère occupé de Jérusalem-Est et appellent à une solution négociée qui respecte les droits des Palestiniens. Ces résolutions reflètent un consensus international qui soutient une solution basée sur les frontières de 1967.
-
Reconnaissance diplomatique : Certains pays ont reconnu Jérusalem-Est comme la capitale de la Palestine, mais ces reconnaissances sont souvent symboliques et ne sont pas accompagnées de mesures diplomatiques significatives. En revanche, certains pays, comme les États-Unis, ont reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël, ce qui a été largement critiqué par les Palestiniens et par de nombreux acteurs internationaux.
-
Accords de paix : Les négociations de paix, telles que celles menées dans le cadre des Accords d’Oslo et du processus de paix de Camp David, ont tenté d’aborder la question de Jérusalem. Cependant, les discussions ont souvent échoué à produire un accord final, laissant la question de la capitale en suspens.
Les défis actuels
La situation actuelle à Jérusalem est marquée par des défis importants :
-
Tensions locales : Les tensions entre les communautés israélienne et palestinienne sont fréquentes à Jérusalem, exacerbées par des politiques de colonisation, des démolitions de maisons et des restrictions sur les déplacements. Ces tensions rendent difficile l’établissement d’une capitale partagée ou d’un accord définitif.
-
Politique israélienne : Le gouvernement israélien maintient une position ferme sur Jérusalem comme capitale indivisible d’Israël, ce qui est en contradiction avec les revendications palestiniennes et les résolutions internationales. Les politiques israéliennes, telles que l’expansion des colonies et les restrictions sur les droits des Palestiniens, compliquent davantage la situation.
-
Processus de paix stagnants : Les négociations de paix ont stagné depuis plusieurs années, et les efforts pour résoudre la question de Jérusalem sont souvent entravés par des divisions politiques internes, des pressions internationales et des réalités sur le terrain.
Conclusion
La question de la capitale de la Palestine est un symbole de la complexité du conflit israélo-palestinien et reflète les défis d’une résolution durable. Jérusalem-Est est largement revendiquée par les Palestiniens comme la capitale de leur futur État, en raison de son importance historique, culturelle et spirituelle. Cependant, la reconnaissance internationale et les réalités politiques actuelles rendent difficile la réalisation de cette revendication. Le statut de Jérusalem reste l’un des enjeux les plus sensibles et controversés du conflit, et sa résolution nécessitera des négociations délicates et des compromis de la part des parties concernées et de la communauté internationale.