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La Capitale de la Palestine

La Capitale de la Palestine : Contexte, Histoire et Signification Politique

La question de la capitale de la Palestine est une question profondément ancrée dans le contexte géopolitique complexe du Moyen-Orient. Bien qu’elle semble simple à première vue, elle implique des dimensions historiques, politiques et sociales qui ont façonné l’identité du peuple palestinien et influencé les relations internationales pendant plus d’un siècle. L’importance de la capitale palestinienne dépasse la simple localisation géographique ; elle est l’âme et le cœur du mouvement national palestinien, un symbole de résistance et de lutte pour l’indépendance. L’objectif de cet article est de fournir une analyse approfondie de la question de la capitale de la Palestine, en retraçant son histoire, son évolution et ses implications politiques actuelles.

I. La situation géopolitique et historique

1.1. Les origines du conflit israélo-palestinien

La question de la capitale palestinienne ne peut être comprise sans revenir sur l’origine du conflit israélo-palestinien. Le début du XXe siècle a vu la région de la Palestine sous domination de l’Empire ottoman. Cependant, avec la Première Guerre mondiale et la chute de l’Empire ottoman, la Palestine est placée sous mandat britannique, une situation qui a duré jusqu’à la fin des années 1940.

C’est au cours de cette période que les tensions entre les communautés juive et arabe se sont intensifiées, à mesure que la communauté juive s’est installée en Palestine, alimentée par les idées du mouvement sioniste. Après la Seconde Guerre mondiale, la situation s’est encore compliquée par l’augmentation des migrations juives en Palestine, ce qui a mené à des tensions avec la population arabe locale. En 1947, les Nations Unies ont proposé un plan de partition, divisant la région en un État juif et un État arabe, avec Jérusalem comme zone internationale. Cependant, ce plan n’a jamais été mis en œuvre, et après la guerre de 1948, Israël a été proclamé État, tandis que les territoires palestiniens ont été fragmentés.

1.2. La question de Jérusalem

La ville de Jérusalem occupe une place centrale dans le conflit israélo-palestinien. Elle est non seulement un lieu sacré pour les trois religions monothéistes majeures (le judaïsme, le christianisme et l’islam), mais elle est également au cœur des revendications territoriales des deux parties. Après la guerre de 1948, Jérusalem a été divisée en deux parties : l’ouest était contrôlé par Israël, tandis que l’est, y compris la vieille ville et les lieux saints, était sous contrôle jordanien. En 1967, lors de la guerre des Six Jours, Israël a pris le contrôle de Jérusalem-Est et a déclaré la ville comme sa capitale, ce que la communauté internationale n’a pas reconnu.

Du côté palestinien, Jérusalem-Est est revendiquée comme la capitale de l’État palestinien futur. Cette revendication est renforcée par les accords d’Oslo signés en 1993, dans lesquels la question de Jérusalem devait être réglée par des négociations futures. Depuis lors, Jérusalem reste un point de friction majeur, avec des milliers de Palestiniens vivant à Jérusalem-Est et subissant des politiques israéliennes de colonisation et de démolition de maisons.

II. L’évolution de la capitale de la Palestine

2.1. La déclaration d’indépendance de 1988

Le 15 novembre 1988, l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), sous la direction de Yasser Arafat, a proclamé l’indépendance de l’État de Palestine, reconnaissant Jérusalem-Est comme sa capitale. Cette déclaration a eu lieu en exil, à Alger, en raison de l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Malgré cette proclamation, l’OLP n’a pas pu établir une présence effective à Jérusalem en raison de la domination israélienne sur la ville.

Cependant, cette déclaration a permis à l’État de Palestine d’obtenir une reconnaissance internationale partielle, bien que Jérusalem n’ait toujours pas été administrée par les Palestiniens. À l’époque, la Cisjordanie et la bande de Gaza étaient sous occupation israélienne, et le gouvernement palestinien était exilé à Tunis, en Tunisie.

2.2. Les Accords d’Oslo et la création de l’Autorité Palestinienne

Les Accords d’Oslo, signés en 1993, ont constitué un tournant majeur dans le processus de paix israélo-palestinien. Ces accords ont abouti à la création de l’Autorité palestinienne (AP), qui a été chargée de gérer les affaires civiles dans certaines parties des territoires occupés, principalement la Cisjordanie et Gaza. Bien que Jérusalem ait été laissée de côté dans les négociations des Accords d’Oslo, l’AP a fait de la ville un symbole de la souveraineté palestinienne.

Après la signature de ces accords, la ville de Ramallah, située en Cisjordanie, est devenue de facto le siège administratif de l’Autorité palestinienne, car Jérusalem est restée inaccessible aux Palestiniens en raison de l’occupation israélienne. Ainsi, Ramallah est devenue le centre de la gouvernance palestinienne.

2.3. La capitale symbolique et politique

Aujourd’hui, bien que la plupart des pays reconnaissent Jérusalem-Est comme la capitale de la Palestine, la réalité politique est beaucoup plus complexe. Israël continue de contrôler la ville entière et considère Jérusalem comme sa capitale indivisible. La communauté internationale, y compris l’ONU, ne reconnaît pas cette revendication israélienne et soutient la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale.

Ramallah, quant à elle, a servi de capitale de facto pour l’Autorité palestinienne, avec ses institutions politiques, diplomatiques et administratives. Cependant, elle n’est pas considérée comme la capitale de l’État de Palestine, mais plutôt comme une « capitale provisoire » jusqu’à ce que les Palestiniens puissent obtenir la souveraineté sur Jérusalem-Est.

III. Les défis actuels et les perspectives d’avenir

3.1. L’impact de la colonisation israélienne

La question de la capitale palestinienne est intimement liée au problème de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Depuis 1967, Israël a installé des centaines de milliers de colons israéliens dans ces territoires, un acte qui est largement considéré comme illégal au regard du droit international, mais qui continue sous diverses formes de soutien gouvernemental israélien. Cette colonisation a rendu l’idée d’une capitale palestinienne à Jérusalem de plus en plus difficile à réaliser.

Les Palestiniens continuent de dénoncer ces politiques, notamment la construction de colonies et la destruction de maisons palestiniennes. La ségrégation, les restrictions de mouvement et les politiques de colonisation en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ont fragmenté les territoires palestiniens et compliquent davantage la réalisation de la vision d’une capitale palestinienne indépendante.

3.2. Le rôle de la communauté internationale

La communauté internationale a un rôle crucial à jouer dans la résolution de la question de la capitale palestinienne. De nombreux pays soutiennent la position palestinienne selon laquelle Jérusalem-Est doit être la capitale d’un futur État palestinien, mais la reconnaissance officielle de Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine reste une question difficile. Des pays comme les États-Unis ont pris des positions controversées, notamment en transférant leur ambassade à Jérusalem en 2018, ce qui a provoqué des protestations internationales et des tensions dans le monde arabe.

Les négociations de paix sont depuis longtemps au point mort, avec des tentatives infructueuses d’atteindre un accord final sur la question de Jérusalem et d’autres questions clés du conflit. La position palestinienne reste ferme : Jérusalem-Est doit être la capitale de l’État palestinien.

Conclusion : Un avenir incertain mais plein d’espoir

La question de la capitale de la Palestine reste l’un des aspects les plus symboliques et controversés du conflit israélo-palestinien. Jérusalem, ville sainte et divisée, continue de représenter les aspirations et les rêves des Palestiniens pour un futur État indépendant. Si la situation actuelle est marquée par des tensions, des défis géopolitiques et des obstacles à la paix, il reste un espoir que des solutions justes et durables puissent être trouvées. La reconnaissance internationale de Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine demeure un objectif fondamental du peuple palestinien, et la solidarité internationale pourrait jouer un rôle essentiel dans la réalisation de cette aspiration légitime.

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