« Frankenstein à Bagdad » est un roman de l’écrivain irakien Ahmed Saadawi, publié en 2013. Il s’inspire du célèbre roman gothique « Frankenstein » de Mary Shelley, en le transposant dans le contexte de Bagdad, après l’invasion américaine de 2003. L’histoire se déroule dans un contexte post-invasion, dépeignant la vie chaotique et violente de la capitale irakienne, où les cadavres se multiplient sans que leurs familles ne puissent les enterrer dignement. C’est dans ce contexte que Hadi, un chiffonnier, décide de rassembler les morceaux de corps qu’il trouve dans les rues pour en faire un cadavre complet, dans l’espoir que les autorités lui permettront ainsi d’obtenir un certificat de décès et d’enterrer enfin les restes qu’il a collectés.
Le personnage de Hadi est profondément marqué par la violence et le chaos qui règnent à Bagdad, mais aussi par la perte de sa famille lors de l’invasion. Son acte de recréer un être à partir de morceaux de corps est à la fois une réponse à la violence qui l’entoure et un moyen de donner un sens à sa propre existence. Cependant, une fois que le cadavre prend vie et commence à se venger des personnes responsables de sa mort, la situation devient encore plus complexe, remettant en question les notions de justice, de vengeance et de responsabilité.

Le roman explore ainsi de nombreuses thématiques, telles que la violence, la vengeance, la quête de sens dans un monde chaotique, ainsi que les conséquences de l’invasion et de l’occupation étrangère sur la société irakienne. En mêlant réalisme social et éléments fantastiques, « Frankenstein à Bagdad » offre une réflexion profonde et poignante sur la condition humaine et les traumatismes collectifs.
Plus de connaissances
« Frankenstein à Bagdad » de Ahmed Saadawi est un roman qui se situe à la croisée du réalisme magique et de la satire politique. Il s’inspire du classique de la littérature gothique « Frankenstein » de Mary Shelley, mais transpose l’histoire dans le contexte de l’Irak contemporain, plus précisément à Bagdad après l’invasion américaine de 2003.
L’intrigue tourne autour de Hadi, un chiffonnier, qui décide de rassembler les morceaux de corps dispersés dans les rues de Bagdad pour en faire un cadavre complet. Son intention est d’obtenir un certificat de décès pour pouvoir enterrer dignement les restes qu’il a collectés. Cependant, le cadavre prend mystérieusement vie et commence à se venger des personnes responsables de sa mort. Ainsi, chaque morceau du corps animé par une force surnaturelle cherche à venger sa propre mort, engendrant une série d’événements chaotiques et violents.
À travers cette histoire, Saadawi explore les conséquences de l’occupation étrangère sur la société irakienne, ainsi que les thèmes de la vengeance, de la violence et de l’absurdité de la guerre. Le roman examine également la complexité de la nature humaine et les questions éthiques liées à la création et à la responsabilité. En plus de sa dimension fantastique, « Frankenstein à Bagdad » est également une satire sociale qui critique les divisions sectaires et ethniques en Irak, ainsi que l’inefficacité et la corruption du gouvernement.
Le roman a remporté le prix international de la fiction arabe en 2014, et a été salué pour sa capacité à combiner habilement des éléments fantastiques avec une analyse sociale et politique profonde.