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Ford Cougar 1998-2001 : Analyse

FORD Cougar 1998-2001 : Un essai manqué pour un coupé sportif

Lorsqu’il s’agissait de lancer des véhicules coupés sportifs, Ford a cherché à exploiter différentes avenues pour conquérir un marché déjà dominé par des modèles japonais bien établis. Après l’échec relatif du Ford Probe, un coupé qui n’a pas su séduire suffisamment de clients, Ford a relancé un nouveau modèle dans cette catégorie en 1998 : le Ford Cougar. Ce coupé devait combiner sportivité, design audacieux et performances, mais il s’avéra que la recette ne fut pas aussi convaincante que prévu, et malgré de nombreuses promesses, le Cougar ne réussit pas à s’imposer face à une concurrence redoutable.

Un héritage du passé

Le nom « Cougar » n’était pas nouveau pour Ford. Bien que cette appellation fût utilisée depuis 1967 par la marque Mercury pour désigner l’un de ses véhicules les plus célèbres, le Cougar de 1998 n’était pas un simple héritier de ce modèle emblématique. Mercury avait fait du Cougar une version plus luxueuse et longue du Ford Mustang, un modèle qui se distinguait par ses performances tout en offrant une expérience de conduite confortable. Dans les années qui suivirent, Mercury abandonna la production du Cougar, et c’est finalement Ford qui décida de remettre ce nom sur un modèle de son propre catalogue. Ce nouveau modèle, la huitième génération du Cougar, avait pour ambition de redéfinir la catégorie des coupés sportifs, mais il s’avéra qu’il n’était pas à la hauteur des attentes des consommateurs.

Un design audacieux mais controversé

L’une des caractéristiques les plus notables du Ford Cougar de 1998 était son design. Dans un contexte où Ford cherchait à se démarquer en introduisant ce qu’on appelait la « tendance New-edge », le modèle Cougar reprenait un certain nombre de principes esthétiques de cette nouvelle ère de conception. Le coupé se distinguait par des lignes longues et courbes, tout en intégrant des angles vifs et des formes géométriques qui apportaient une touche de modernité. À l’avant, ses phares acérés et sa calandre elliptique, située sur la partie inférieure du pare-chocs, renforçaient son allure de voiture agressive et dynamique.

Le profil du Cougar était tout aussi frappant, avec une ligne de ceinture ascensionnelle qui se prolongeait jusqu’aux vitres arrière triangulaires, renforçant cette impression de dynamisme. À l’arrière, les feux formaient un ensemble qui couvrait les coins du véhicule avec une forme similaire à celle de l’avant. En somme, l’apparence du Cougar était innovante et moderne, mais aussi un peu trop audacieuse pour certains. Il ne faisait pas l’unanimité, et son aspect futuriste ne plaisait pas forcément à tous les amateurs de coupés sportifs.

L’intérieur : une déception ?

Si l’extérieur du Ford Cougar était audacieux et distinctif, l’intérieur ne suivait pas le même élan créatif. À l’intérieur, les concepteurs ont adopté un design plus traditionnel et moins inspiré, à tel point que certains observateurs ont suggéré que l’intérieur du Cougar était une simple copie de celui de la première génération du Ford Mondeo. Ce manque d’innovation se faisait particulièrement sentir au niveau du tableau de bord, qui semblait un peu dépassé par rapport aux standards de l’époque, surtout lorsqu’on le comparait à celui du Mondeo.

Le design intérieur du Cougar mettait l’accent sur une approche plus sportive, avec un petit compteur d’instruments et un empattement incliné, mais l’habitacle restait assez basique. Les sièges avant, bien que renforcés pour un meilleur maintien, ne suffisaient pas à compenser le manque de confort et de sophistication, particulièrement sur la banquette arrière où l’espace pour les jambes était limité. L’ergonomie et la qualité des matériaux, bien que satisfaisantes, ne pouvaient rivaliser avec les attentes des clients dans la catégorie des coupés sportifs de cette époque.

Performances et moteur : des chiffres décevants

Le Ford Cougar de 1998 était disponible avec un choix de deux moteurs : un moteur quatre cylindres de 2,0 litres et un moteur V6. Le moteur quatre cylindres de 2,0 litres n’offrait pas des performances exceptionnelles, avec une puissance de 130 chevaux (96 kW), ce qui était insuffisant pour rivaliser avec la concurrence japonaise, notamment les modèles comme le Toyota Celica ou le Honda Prelude, qui offraient des moteurs plus puissants et plus raffinés. Ce moteur manquait également de vivacité, et la performance en conduite dynamique laissait à désirer, ce qui fut un des facteurs qui expliqua l’échec relatif de la version de base du Cougar.

Le moteur V6, quant à lui, avait une meilleure puissance, mais souffrait d’un gros problème : une consommation excessive de carburant. Bien que la puissance de 170 chevaux (127 kW) fût plus compétitive, la consommation en carburant était trop élevée, ce qui n’aidait pas le Cougar à se démarquer positivement. Les versions équipées du V6 étaient également un peu trop lourdes, ce qui nuisit à la maniabilité et à la dynamique de conduite.

Le comportement routier : une conduite agréable mais peu excitante

Le Ford Cougar était un coupé destiné à plaire aux amateurs de conduite sportive, mais en réalité, son comportement sur la route laissait une impression mitigée. Sur les routes sinueuses et dans les virages serrés, le Cougar offrait une expérience de conduite relativement stable et confortable, mais il manquait de la vivacité et de la précision que l’on attendait d’un coupé sportif. Il était agréable à conduire, mais ne procurait pas les sensations fortes que l’on pouvait retrouver sur des modèles japonais plus affûtés.

En termes de suspension, le Cougar avait un réglage qui favorisait davantage le confort que la performance pure. Cela était une tentative de combiner sportivité et confort, mais le résultat était un peu en deçà des attentes. Son comportement sous pression ne rivalisait pas avec les voitures sportives les plus agiles de la concurrence, et la direction manquait de la précision nécessaire pour une conduite vraiment dynamique.

La réception commerciale et la fin de la production

Bien que le Ford Cougar ait été un modèle bien conçu, son échec à séduire les acheteurs fut évident au bout de quelques années. Le coupé ne parvint pas à offrir le bon compromis entre sportivité et confort, et il fut vite éclipsé par des modèles plus populaires. En 2001, après une production de seulement trois ans, Ford mit fin à la production du Cougar. La voiture n’avait pas réussi à s’imposer dans un marché où la concurrence était féroce et où les attentes des consommateurs étaient de plus en plus élevées.

Le Ford Cougar de 1998-2001 reste un modèle de niche, apprécié par quelques passionnés, mais il ne s’est jamais imposé comme un classique. Le véhicule n’a pas su captiver l’attention des conducteurs à la recherche d’un coupé sportif abordable et performant, et sa carrière commerciale se termine sur une note plutôt décevante. Cependant, dans l’histoire des coupés sportifs de Ford, le Cougar reste un exemple intéressant d’une tentative de relancer une gamme sportive, mais sans la réussite espérée.

Conclusion

Le Ford Cougar 1998-2001 est un modèle qui, malgré des efforts considérables de design et de performance, n’a pas réussi à s’imposer comme un coupé sportif à succès. Avec son apparence audacieuse et son moteur peu performant, le Cougar a attiré un petit nombre d’acheteurs, mais n’a pas répondu aux attentes d’une majorité de conducteurs à la recherche de sensations plus fortes. En fin de compte, la fin de la production du Cougar en 2001 marqua l’arrêt d’un projet ambitieux, mais malheureux, dans l’histoire des coupés sportifs de Ford.

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