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Ensemencement des Nuages au MENA

L’impact et le développement de l’ensemencement des nuages dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord : Une analyse de l’Arabie Saoudite, des Émirats Arabes Unis, du Maroc, de l’Égypte et de l’Irak

L’ensemencement des nuages, ou cloud seeding, est une technologie moderne qui a suscité un grand intérêt dans les régions arides et semi-arides du monde, où l’eau est une ressource précieuse et souvent rare. Cette méthode consiste à ajouter des substances, principalement des sels ou des cristaux d’iodure d’argent, dans les nuages pour favoriser la condensation et ainsi augmenter les précipitations. Bien que cette technologie soit utilisée dans de nombreux pays, elle revêt une importance particulière pour les nations du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, notamment l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Maroc, l’Égypte et l’Irak, où la gestion de l’eau et la lutte contre la sécheresse sont des enjeux majeurs. Dans cet article, nous explorerons comment ces pays ont adopté et développé cette technologie, ainsi que son impact sur la gestion des ressources en eau et la politique environnementale.

1. L’ensemencement des nuages en Arabie Saoudite : Une stratégie pour lutter contre la sécheresse

L’Arabie Saoudite, un des pays les plus secs du monde, a investi massivement dans l’ensemencement des nuages dans l’espoir de combattre la pénurie d’eau. Avec des précipitations annuelles moyennes inférieures à 100 mm, la gestion de l’eau est cruciale pour ce royaume. L’Arabie Saoudite a lancé plusieurs programmes pour augmenter les pluies, notamment un projet d’ensemencement des nuages en 2018, qui est l’un des plus ambitieux de la région.

L’Institut Saoudien de Recherche et de Développement des Technologies Climatiques a utilisé des avions pour disperser des cristaux d’iodure d’argent dans les nuages. L’Arabie Saoudite, en collaboration avec des experts internationaux, a développé une expertise locale en matière d’ensemencement des nuages, ce qui a permis d’améliorer les rendements en eau et d’augmenter l’humidité dans l’air. Cette technique est considérée comme une solution potentielle pour améliorer la disponibilité de l’eau dans les régions désertiques du pays, tout en soutenant l’agriculture, qui dépend largement de l’irrigation.

Cependant, des critiques ont émergé concernant les risques environnementaux et sanitaires liés à l’utilisation de l’iodure d’argent. Les scientifiques s’interrogent sur l’impact à long terme de ces substances dans l’environnement, notamment leur accumulation dans les sols et les écosystèmes aquatiques. Malgré ces préoccupations, l’Arabie Saoudite poursuit ses efforts, avec l’espoir de faire de l’ensemencement des nuages une technologie clé pour sa sécurité en eau.

2. Les Émirats Arabes Unis : Pionniers dans l’ensemencement des nuages

Les Émirats Arabes Unis (EAU), un autre pays de la région confronté à de faibles précipitations, ont également adopté l’ensemencement des nuages comme solution pour augmenter leurs ressources en eau. L’un des programmes les plus connus est celui lancé par le Centre National de Recherche Météorologique (NCM), qui utilise des drones et des avions pour diffuser des sels hygroscopiques dans les nuages afin de stimuler la pluie. Les Émirats ont l’un des taux de consommation d’eau par habitant les plus élevés au monde, ce qui rend la gestion de l’eau encore plus urgente.

En 2017, le pays a expérimenté un projet d’ensemencement des nuages qui a donné des résultats prometteurs. Selon les autorités, les précipitations augmentées ont amélioré l’approvisionnement en eau dans les zones les plus sèches du pays. Ce programme s’inscrit dans une politique nationale visant à diversifier les sources d’eau, en complément de la désalinisation de l’eau de mer et de l’utilisation des aquifères souterrains.

Les Émirats Arabes Unis ont investi dans des technologies de pointe pour améliorer l’efficacité de l’ensemencement des nuages. Ils ont collaboré avec des universités et des chercheurs internationaux pour affiner les techniques et augmenter le rendement des opérations. Ces efforts ont permis de créer une expertise régionale et de positionner les Émirats comme des leaders dans le domaine de l’ensemencement des nuages au Moyen-Orient.

3. Le Maroc : Une approche innovante pour gérer les sécheresses

Le Maroc, situé à la croisée des chemins entre le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, fait face à des défis hydrologiques similaires à ceux des pays voisins, notamment en raison de la variabilité climatique et de la récurrence des sécheresses. Le pays a connu des périodes de sécheresse prolongées qui ont affecté son agriculture, son approvisionnement en eau potable et ses ressources énergétiques. L’ensemencement des nuages a été considéré comme une solution viable pour augmenter les précipitations, en particulier dans les régions rurales et montagneuses.

Le Maroc a lancé plusieurs programmes d’ensemencement des nuages en partenariat avec des institutions internationales. En 2015, une étude réalisée par l’Institut de Recherche en Énergie Solaire et Énergies Nouvelles (IRESEN) a permis de tester l’efficacité de cette méthode. Les résultats ont montré que l’ensemencement des nuages pouvait augmenter les précipitations de manière significative, surtout lors des périodes de faible activité pluvieuse.

Les autorités marocaines voient dans l’ensemencement des nuages une stratégie complémentaire aux autres initiatives en matière de gestion de l’eau, comme la construction de barrages, la réutilisation des eaux usées et l’amélioration des systèmes d’irrigation. Toutefois, bien que l’ensemencement des nuages semble prometteur, son coût et son efficacité à long terme demeurent des sujets de débat parmi les experts.

4. L’Égypte : Une solution pour l’irrigation et la croissance économique

L’Égypte, pays au climat désertique, dispose d’un nombre limité de ressources en eau, principalement concentrées autour du Nil. La croissance démographique rapide et l’expansion de l’agriculture mettent une pression considérable sur les ressources en eau du pays. Face à ces défis, l’ensemencement des nuages est devenu une option potentielle pour augmenter les précipitations et soutenir l’agriculture, en particulier dans les régions éloignées du Nil.

En 2017, l’Égypte a mené des expériences d’ensemencement des nuages en collaboration avec des chercheurs et des scientifiques chinois. Ces projets ont permis de vérifier l’impact de l’ensemencement des nuages sur l’agriculture égyptienne, en ciblant les zones agricoles situées en dehors de la vallée du Nil. Les résultats ont montré une augmentation des précipitations, mais des défis restent à surmonter, notamment le coût élevé des opérations et la complexité des prévisions météorologiques dans un pays aussi vaste.

L’Égypte explore activement cette technologie comme une réponse aux défis posés par la sécheresse et la gestion de l’eau. Elle espère que l’ensemencement des nuages, combiné à d’autres initiatives comme l’irrigation moderne, pourra améliorer sa sécurité alimentaire et hydrique à long terme.

5. L’Irak : Une nouvelle lueur d’espoir face à la crise de l’eau

L’Irak, un autre pays de la région confronté à une crise de l’eau, a récemment commencé à explorer l’ensemencement des nuages comme solution pour atténuer les effets de la sécheresse prolongée. En raison de la diminution des débits des rivières Tigre et Euphrate et de la mauvaise gestion des ressources en eau, l’Irak souffre d’une pénurie d’eau qui menace l’agriculture et l’approvisionnement en eau potable.

En 2021, l’Irak a lancé son premier programme d’ensemencement des nuages en collaboration avec des experts iraniens et syriens. Ce programme a été mis en place dans le but d’augmenter les précipitations dans les régions agricoles et les zones rurales. Bien que le programme soit encore en phase de test, il est vu comme un pas important vers la diversification des sources d’eau, dans un contexte où les options traditionnelles, comme la construction de barrages, sont limitées par la géopolitique régionale.

Conclusion

L’ensemencement des nuages est devenu une technologie de plus en plus populaire dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, qui cherchent à lutter contre la sécheresse et à améliorer leur gestion des ressources en eau. L’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Maroc, l’Égypte et l’Irak ont investi dans cette technologie pour augmenter les précipitations et soutenir l’agriculture et les besoins en eau potable. Toutefois, malgré les résultats prometteurs, cette méthode soulève des questions sur son efficacité à long terme, son coût et son impact environnemental. L’ensemencement des nuages, bien que prometteur, doit être abordé avec prudence et intégré dans une stratégie plus large de gestion durable de l’eau.

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