L’Eagle Summit 1993-1996 : Un Voyage dans l’Univers du Véhicule Compact et Abordable
L’Eagle Summit, produit entre 1993 et 1996, est l’un des exemples emblématiques de la collaboration entre Chrysler et Mitsubishi, deux géants de l’automobile. Véritable héritier de la Mirage de Mitsubishi, ce modèle a été conçu pour répondre à la demande croissante de voitures compactes, abordables et fiables. Cependant, malgré son design attrayant et ses caractéristiques prometteuses, l’Eagle Summit n’a pas réussi à marquer les esprits de manière aussi forte que ses concurrents.

Un Modèle Rebâché pour la Masse
Le Summit était fondamentalement un Mitsubishi Mirage rebadgé, conçu pour offrir une alternative moins chère et plus accessible dans le segment des berlines sous-compacts. Le marché de l’époque cherchait avant tout des voitures économiques et pratiques. Cependant, à son arrivée, l’Eagle Summit n’était pas seul sur ce créneau et se retrouvait en compétition avec des véhicules comme la Honda Civic, la Toyota Corolla et la Ford Escort, des modèles bien établis.
L’une des raisons pour lesquelles le Summit n’a pas rencontré un grand succès réside dans son manque de caractéristiques de sécurité sur les niveaux de finition de base. À une époque où les consommateurs commençaient à être plus soucieux des équipements de sécurité, l’absence de dispositifs essentiels comme les airbags de série a pu refroidir les ardeurs des acheteurs potentiels. De plus, bien que le modèle haut de gamme fût bien équipé, il s’avérait plus cher et moins attrayant face à la concurrence.
Un Design Attractif mais Trop Compliqué
L’aspect extérieur du Summit, bien que globalement agréable, ne parvenait pas à capturer l’attention comme le faisaient certains de ses rivaux. Les formes arrondies et les surfaces douces étaient caractéristiques de l’époque, avec des lignes fluides qui conféraient au véhicule une silhouette moderne et aérodynamique. La partie avant du véhicule se distinguait par ses phares étroits aux bords arrondis, accompagnés de clignotants montés sur les coins, donnant ainsi un air sportif au véhicule.
La forme générale de la voiture, avec son toit légèrement courbé et son pare-brise incliné, laissait présager une ligne de toit fluide qui se terminait sur un hayon arrière et une lunette arrière inclinée. Ce design, bien que élégant, manquait d’impact dans un segment où la concurrence ne cessait d’évoluer.
L’Intérieur : Fonctionnalité et Confort Modeste
À l’intérieur, l’Eagle Summit offrait une habitabilité correcte pour jusqu’à quatre passagers. Selon les versions, l’équipement variait, mais les modèles de base étaient souvent dépourvus de nombreuses commodités de confort. Le design du tableau de bord était simple, avec des lignes arrondies et des bords doux, créant une ambiance agréable pour les occupants. De plus, l’air conditionné et un lecteur de cassette étaient des équipements de série qui apportaient un certain confort à bord.
Cependant, l’intérieur ne pouvait rivaliser avec les équipements et le raffinement offerts par certaines marques concurrentes, notamment en termes de matériaux utilisés et de fonctionnalités modernes. Bien que l’agencement ait été fonctionnel, il ne suscitait pas une forte impression de qualité.
Moteurs et Performances : Une Efficacité Modérée
Sous le capot, l’Eagle Summit proposait deux moteurs distincts : un moteur de 1,5 litre et un moteur de 1,8 litre. Ces moteurs étaient conçus pour offrir une consommation de carburant efficace, ce qui était un atout pour un véhicule destiné à une clientèle recherchant une voiture économique. Le moteur de 1,5 litre délivrait une puissance de 92 chevaux à 6000 tr/min, tandis que le moteur plus grand de 1,8 litre offrait une légère amélioration des performances.
Cependant, ces moteurs n’étaient pas particulièrement impressionnants sur le plan des performances. Leur faible puissance, couplée à une boîte automatique à quatre vitesses parfois trop lente, ne permettait pas au Summit de briller sur le plan de l’accélération et de la vivacité. Les performances globales étaient donc modérées, et ce modèle ne répondait pas vraiment aux attentes des conducteurs à la recherche de sensations fortes.
Le modèle avec moteur de 1,5 litre, équipé d’une boîte manuelle à 5 rapports, offrait une meilleure efficacité énergétique, atteignant une consommation combinée de 6,7 L/100 km, soit environ 35,1 mpg. Ce type de consommation était très compétitif pour un véhicule de cette catégorie, mais ne suffisait pas à compenser les lacunes de performance et de sécurité.
Comportement Routier et Confort de Conduite
Le comportement routier de l’Eagle Summit était relativement correct, bien que la direction puisse parfois sembler un peu floue et manquant de réactivité, surtout à haute vitesse. Le système de suspension, conçu pour offrir un confort de conduite agréable, était bien adapté aux trajets urbains et aux routes lisses. Cependant, dès que les conditions de route devenaient plus difficiles, le véhicule montrait ses limites en termes de maniabilité et de tenue de route.
L’absence de certaines caractéristiques modernes comme l’ABS ou l’ESP pouvait également rendre la conduite moins sûre, surtout sur des terrains glissants ou par temps de pluie. Bien que le Summit fût assez agile en milieu urbain, il n’offrait pas le même niveau de stabilité que ses concurrents mieux équipés.
Conclusion : Un Véhicule Oublié
L’Eagle Summit, bien qu’il ait été un modèle économique avec une bonne efficacité énergétique, n’a pas réussi à se faire une place sur le marché. Son design attrayant et son prix abordable ne suffisaient pas à compenser ses manques en termes de sécurité, de confort et de performances. La concurrence dans le segment des voitures compactes était féroce à cette époque, et le Summit n’a pas pu se distinguer suffisamment pour devenir un véritable succès commercial.
Aujourd’hui, l’Eagle Summit reste un modèle relativement peu connu des passionnés d’automobiles. Toutefois, il constitue un exemple intéressant de la collaboration entre Chrysler et Mitsubishi, et demeure un témoin d’une époque où la recherche de l’économie de carburant et de la simplicité était au cœur des préoccupations des automobilistes.