DODGE Neon 1999-2002 : Une tentative avortée de séduire le marché américain
La Dodge Neon, lancée pour la première fois en 1994, a vu son avenir sur le marché américain remis en question après une première génération qui ne parvint pas à attirer une clientèle aussi large que prévue. Malgré cela, Chrysler persista et présenta en 1999 la seconde génération de ce modèle, rebaptisée la Neon 2000. La version 1999-2002 marque une évolution significative, tant au niveau de l’esthétique que des caractéristiques techniques, mais elle échoua à rivaliser avec les géants du segment des compactes tels que la Honda Civic, la Toyota Corolla ou encore la Volkswagen Jetta. Cet article se penche sur les caractéristiques de ce modèle, son histoire et les raisons de son échec relatif.
Contexte et Objectif de la Dodge Neon 1999-2002
Chrysler lança la Neon dans l’espoir de séduire une clientèle jeune, dynamique et soucieuse de son budget. Dans les années 90, les voitures compactes étaient un marché de plus en plus concurrentiel. Les grandes marques japonaises, avec leurs modèles fiables et économiques, dominaient ce créneau. À l’époque, la Honda Civic et la Toyota Corolla représentaient la norme en matière de compactes, avec des designs attrayants, des moteurs performants et une réputation de longévité.

Le modèle original de la Neon avait un design et des performances intéressants, mais il n’a pas réussi à se faire une place sur le marché, principalement en raison de sa conception modeste et de ses matériaux de qualité inférieure. Chrysler, bien consciente de la nécessité de moderniser la voiture, a lancé la deuxième génération en 1999, pour une commercialisation en 2000. L’objectif était de redresser l’image de la Neon et de lui offrir une chance sur un marché de plus en plus saturé.
Design Extérieur : Un Nouveau Visage, mais une Expression Ambiguë
L’un des changements les plus notables dans la Dodge Neon 1999-2002 concerne son design extérieur. La voiture bénéficiait désormais de phares plus grands et d’une calandre plus large, accentuant son apparence audacieuse et sportive. Cependant, ce changement ne réussit pas à masquer un aspect quelque peu maladroit et sans grande personnalité. La calandre inférieure, qui se prolongeait sous le pare-chocs, était censée donner l’apparence d’un sourire, mais au lieu de cela, elle donnait une expression plus proche du grimace que du sourire jovial.
Une autre modification importante fut le remplacement des fenêtres sans cadre de la première génération par des fenêtres à cadre, ce qui réduisit quelque peu l’attrait esthétique du véhicule, qui avait fait une partie de son charme avec les premières fenêtres sans cadre, offrant un look plus futuriste et plus raffiné.
L’ensemble du design, bien qu’il ait apporté une certaine fraîcheur, ne réussit cependant pas à se distinguer suffisamment dans un marché dominé par des modèles plus stylés et mieux exécutés.
Intérieur : Une Présentation Simple, Mais Peu Inspirante
À l’intérieur, Chrysler s’efforça d’améliorer la qualité de fabrication de la Neon. Le tableau de bord fut redessiné, et une nouvelle disposition des commandes fut adoptée, avec une configuration qui se prolongeait jusque dans les panneaux de porte. Cependant, même si le design semblait agréable et pratique, la qualité des matériaux laissait à désirer. Les plastiques durs utilisés pour le tableau de bord, les panneaux de porte et les autres surfaces avaient une finition bas de gamme, ce qui fit rapidement perdre au véhicule son attrait intérieur. Même avec des niveaux de finition plus élevés, la qualité perçue était un point faible constant, qui ne parvenait pas à satisfaire une clientèle qui recherchait à la fois un bon rapport qualité-prix et une ambiance plus raffinée.
Un autre point regrettable de l’intérieur concernait l’absence de fenêtres électriques arrière sur les modèles de base, un équipement pourtant devenu standard chez beaucoup de concurrents. Bien que l’option ait été disponible, elle ne semblait pas justifiée, notamment pour un modèle qui se voulait à la fois pratique et économique.
Performances Mécaniques : Une Offre Variée mais Hétérogène
Sous le capot, Chrysler proposait une gamme de moteurs variée, avec un moteur de 1,6 litre en entrée de gamme et deux moteurs de 2,0 litres pour des performances accrues. Le moteur de 1,6 litre était basé sur un modèle déjà utilisé dans les premières générations de voitures Mini, offrant 116 chevaux à 5 600 tr/min. Il était associé à une boîte manuelle à 5 rapports. Ce moteur offrait des performances modérées et un rendement de consommation plutôt correct. Le moteur 2,0 litres, bien que plus puissant, ne parvint pas à offrir une grande différenciation par rapport aux concurrents directs de la Neon, qui offraient souvent des moteurs plus raffinés et des systèmes de transmission plus performants.
Le choix de la transmission manuelle à cinq vitesses était un atout pour la performance, permettant une conduite dynamique, tandis que la transmission automatique à quatre vitesses était une option moins attrayante en termes de réactivité et de performance. De plus, le moteur, bien qu’efficace dans des conditions urbaines, n’avait pas la capacité de se démarquer face aux moteurs plus modernes et plus puissants de la concurrence.
Comportement sur la Route : Agilité et Maniabilité, mais Manque de Caractère
Sur la route, la Dodge Neon se comportait correctement. Sa direction était précise, ce qui facilitait la conduite en ville et sa maniabilité était agréable, notamment grâce à sa taille compacte et son poids relativement léger. Cependant, la voiture manquait cruellement de caractère. Si les concurrents comme la Honda Civic offraient des sensations de conduite plus raffinées, la Neon semblait manquer de cette connexion spéciale entre le conducteur et la voiture. L’agilité était présente, mais elle était accompagnée d’une certaine rigidité dans la suspension, qui laissait à désirer lors de longues distances ou sur des routes en mauvais état.
En termes de confort, la suspension de la Neon était assez ferme, ce qui la rendait un peu moins agréable sur des routes dégradées. En revanche, sa taille compacte et sa bonne visibilité étaient des atouts indéniables pour les conducteurs urbains.
Consommation de Carburant : Une Économie Pratique mais Limitée
Un des principaux arguments de vente de la Dodge Neon était sa consommation de carburant. En ville, elle consommait environ 9,7 litres aux 100 kilomètres, tandis qu’en conduite sur autoroute, elle se contentait de 7,4 litres aux 100 kilomètres. Cette économie de carburant, combinée à son prix relativement abordable, faisait de la Neon un choix raisonnable pour ceux qui recherchaient une voiture pratique et peu coûteuse à entretenir.
En termes de performances, la Neon n’était cependant pas à la hauteur de ses concurrents, avec un 0-100 km/h atteint en 11 secondes, ce qui la plaçait loin derrière des modèles comme la Toyota Corolla ou la Honda Civic, qui affichaient des accélérations plus rapides et une meilleure gestion de la puissance.
Sécurité et Equipement
Au niveau de la sécurité, la Neon offrait des équipements de base, comme des airbags frontaux pour le conducteur et le passager, ainsi que des freins à disques ventilés à l’avant et des freins à disques à l’arrière. Cependant, comparée à ses concurrentes, elle était moins bien équipée. L’absence de nombreux équipements de sécurité active et passive rendait le modèle moins attrayant pour les conducteurs soucieux de leur sécurité.
Conclusion : Un Modèle Sous-estimé mais Manquant de Performances Durables
La Dodge Neon 1999-2002 était une tentative audacieuse de Chrysler pour pénétrer le marché des voitures compactes avec un modèle économique et relativement sportif. Malgré ses tentatives de séduction, elle n’a jamais réussi à se faire une place sur le marché face à des rivaux plus performants et mieux conçus. Bien qu’elle offre une économie de carburant intéressante, de bonnes caractéristiques de maniabilité et un prix compétitif, la Neon manquait de raffinement et de caractère. Son design extérieur a été jugé maladroit par certains, et l’intérieur, bien que pratique, souffrait d’un manque de qualité perçue. Si la Neon a réussi à séduire une clientèle fidèle pendant quelques années, elle n’a jamais été en mesure de rivaliser avec les leaders du marché, et sa production a cessé en 2005.