La province de Diyala (ou محافظة ديالى en arabe) est l’une des 19 provinces d’Irak. Située dans l’est du pays, elle est bordée par l’Iran à l’est, Bagdad au sud-ouest et les provinces de Salah ad-Din et Kirkouk au nord-ouest. Cette région est d’une importance géopolitique, économique et historique considérable en raison de sa position stratégique, de ses ressources naturelles abondantes et de son histoire longue et complexe. L’article qui suit explore les divers aspects de la province de Diyala, en s’attardant sur son contexte géographique, historique, social et économique, tout en abordant les défis contemporains auxquels elle est confrontée.
Géographie et climat
La province de Diyala couvre une superficie de plus de 17 000 kilomètres carrés et présente une diversité géographique remarquable. La région est traversée par la rivière Diyala, un affluent important du Tigre, qui lui confère une fertilité particulière, surtout dans la partie centrale. La rivière, qui prend sa source dans les montagnes Zagros en Iran, joue un rôle crucial dans l’agriculture locale en fournissant l’irrigation pour les cultures de palmiers dattiers, de blé, de riz, et d’agrumes.

Le climat de la province est typiquement désertique et semi-aride, caractérisé par des étés extrêmement chauds avec des températures dépassant souvent les 40°C, et des hivers relativement doux. Cette variation climatique, couplée à l’abondance des ressources en eau, a permis à Diyala de devenir l’une des régions agricoles les plus importantes d’Irak.
Histoire
Diyala possède une histoire riche qui remonte à des milliers d’années. La région faisait autrefois partie de l’ancien royaume de Mésopotamie et a été habitée par diverses civilisations au fil des siècles, notamment les Sumériens, les Akkadiens, les Babyloniens et les Assyriens. En raison de sa position stratégique entre la Perse (l’Iran actuel) et la Mésopotamie, elle a souvent été le théâtre de conflits, d’échanges commerciaux et de brassages culturels.
Sous l’Empire islamique, après la conquête de l’Irak par les troupes arabes au 7ème siècle, Diyala a continué à jouer un rôle clé en raison de son emplacement sur les routes commerciales entre Bagdad et l’est de l’Empire. Pendant la période abbasside, Bagdad, la capitale du califat, était proche de Diyala, ce qui a contribué à la prospérité de la région.
Au cours de l’époque moderne, particulièrement sous l’Empire ottoman, la province a fait face à plusieurs rébellions tribales et tensions ethniques. Après la chute de l’Empire ottoman et l’établissement de l’État moderne irakien, Diyala est devenue un centre de production agricole important, notamment pour ses palmiers dattiers.
Démographie et structure sociale
La population de la province de Diyala est diverse, avec une composition ethnique et religieuse variée. La province abrite des Arabes sunnites, des Arabes chiites, des Kurdes et des Turkmènes, ainsi que de plus petites minorités comme les Assyriens chrétiens. Cette diversité, bien que source de richesse culturelle, a également été à l’origine de tensions et de conflits au cours des dernières décennies.
Les relations entre les différentes communautés ont été tendues par les dynamiques politiques de l’Irak post-2003, après l’invasion américaine qui a conduit à la chute du régime de Saddam Hussein. Diyala, en raison de sa proximité avec Bagdad et de sa diversité ethnique, est devenue l’une des régions les plus touchées par l’insurrection, les conflits interethniques et les violences sectaires.
Économie
L’économie de Diyala repose principalement sur l’agriculture, en raison de la fertilité de ses terres. La province est particulièrement connue pour ses palmiers dattiers, et ses agrumes, qui sont exportés vers d’autres régions d’Irak ainsi qu’à l’étranger. La culture du blé et du riz est également importante, soutenue par un système d’irrigation complexe reliant la rivière Diyala.
Outre l’agriculture, Diyala dispose également de ressources naturelles, notamment du pétrole et du gaz. Ces ressources restent toutefois sous-exploitées en raison de l’instabilité politique et des infrastructures limitées. Les autorités locales ont tenté à plusieurs reprises d’attirer des investissements étrangers, mais les conditions de sécurité restent un obstacle majeur.
Le secteur industriel de la province est relativement sous-développé, bien que certaines initiatives aient vu le jour pour moderniser les infrastructures et encourager la création d’emplois. Le manque d’accès à des services publics fiables, tels que l’électricité et l’eau potable, demeure un défi pour le développement économique.
Sécurité et défis politiques
Depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, la province de Diyala est devenue un point chaud de l’insurrection en Irak. Divers groupes armés, y compris des cellules d’Al-Qaïda, de Daech et d’autres milices locales, ont opéré dans la région, la transformant en un terrain de confrontation entre les forces gouvernementales irakiennes et les groupes insurgés. La nature montagneuse de certaines parties de Diyala, notamment près de la frontière iranienne, a facilité l’activité des groupes rebelles.
L’instabilité dans la province est exacerbée par les tensions entre les différentes communautés ethniques et religieuses. Les Arabes sunnites, qui forment une part significative de la population, ont parfois été marginalisés politiquement, ce qui a alimenté un ressentiment contre les autorités centrales de Bagdad, dominées par les chiites.
La question des déplacés internes est également cruciale. De nombreuses familles ont été contraintes de fuir leurs foyers en raison des combats, et le retour des déplacés dans leurs villages d’origine reste un défi majeur en raison de l’insécurité persistante et de la destruction des infrastructures.
Perspectives d’avenir
Diyala se trouve à un carrefour critique. Si la province peut surmonter les défis liés à la sécurité et à la gouvernance, elle a le potentiel de se développer en tant que centre agricole et industriel important. La stabilisation de la situation politique, ainsi que des investissements dans les infrastructures, sont essentiels pour permettre à la région de prospérer.
Les autorités irakiennes, en collaboration avec des organisations internationales, travaillent à la reconstruction de la province, notamment en rétablissant les services publics et en soutenant le retour des déplacés. Des efforts sont également déployés pour renforcer la coopération entre les différentes communautés ethniques et religieuses, afin de restaurer la paix et de favoriser un climat de coexistence pacifique.
Conclusion
La province de Diyala est une région d’Irak à la fois riche en histoire et en ressources naturelles, mais qui a été durement affectée par les conflits et l’instabilité au cours des dernières décennies. Sa diversité ethnique, sa position géographique stratégique et ses ressources agricoles en font un acteur clé dans l’avenir de l’Irak. Toutefois, pour que Diyala puisse réaliser son plein potentiel, il est impératif que des efforts continus soient déployés pour stabiliser la sécurité, encourager la réconciliation entre les communautés et attirer des investissements dans les infrastructures et l’économie.