Daihatsu Valera (1996-2001) : La Tentative de Sedan Compacte de Daihatsu
Au milieu des années 1990, le marché des voitures compactes et économiques était en pleine expansion. Les petites berlines étaient particulièrement prisées, car elles offraient un compromis parfait entre taille, confort et consommation. Daihatsu, une marque japonaise historiquement reconnue pour ses petites voitures, a décidé de tenter sa chance en élargissant son offre avec un modèle dérivé de son populaire hatchback, la Charade. Ce modèle, la Daihatsu Valera, a été produit entre 1996 et 2001. Cependant, cette tentative de transformation d’un modèle compact en une berline n’a pas rencontré le succès escompté, et elle est devenue l’un des exemples classiques de l’échec de ce genre d’adaptation.
Un Concept Dérivé de la Charade
Le Daihatsu Valera était en réalité une version tricorps (trois volumes) de la Charade, une petite voiture à hayon qui avait déjà trouvé son public. La Charade, avec sa silhouette dynamique et ses dimensions compactes, était idéale pour la conduite urbaine, mais Daihatsu a voulu étendre sa gamme en créant une variante avec un coffre distinct, sous forme de berline. Cela semblait être une évolution logique pour concurrencer d’autres modèles du segment des petites berlines qui commençaient à émerger.

Cependant, comme l’ont démontré plusieurs autres constructeurs, la tentative de transformer une voiture à hayon en une berline tricorps était souvent un pari risqué. Des exemples comme le Renault R5 Sedan ou la Skoda Fabia Sedan montrent que ce genre de transformation ne fonctionne pas toujours bien avec les attentes des consommateurs. Daihatsu n’a pas fait exception.
Un Design qui Ne Convient Pas à la Silhouette Tricorps
Le design de la Valera a été l’un des principaux points de discorde. Bien que le modèle arbore une silhouette tricorps traditionnelle avec un coffre séparé, il était évident que la voiture partageait une grande partie de ses éléments avec la Charade. La partie avant, par exemple, comprenait des phares arrondis, avec une disposition plus étroite à l’intérieur, qui lui donnaient un aspect quelque peu déséquilibré. La calandre, avec ses formes arrondies, tentait de donner un sourire accueillant, mais elle n’arrivait pas à compenser l’aspect de la voiture qui semblait trop « étiré » par l’ajout du coffre.
De profil, la Valera ne parvenait pas à dissimuler son origine de voiture à hayon. L’ajout du coffre ne faisait que prolonger une ligne de toit qui n’était pas naturellement conçue pour être aussi allongée. Les proportions globales semblaient forcées, avec une transition mal intégrée entre l’habitacle et le coffre, ce qui altérait l’esthétique de l’ensemble.
Un Intérieur Très Similaire à la Charade
À l’intérieur, le Daihatsu Valera était pratiquement une Charade agrandie. Le tableau de bord, le volant et la console centrale étaient identiques à ceux de la version à hayon, avec peu de changements notables pour justifier le passage à une berline. Le design de l’intérieur était simple, mais fonctionnel, avec une finition plastique qui n’offrait pas une sensation de grande qualité.
Malgré cette simplicité, Daihatsu a essayé d’ajouter quelques équipements modernes de l’époque pour rendre la Valera plus attrayante. Elle était proposée avec des fenêtres électriques à tous les postes, une climatisation et une serrure centralisée, des équipements relativement rares pour une petite voiture de cette gamme. Cependant, ces ajouts n’ont pas suffi à compenser le manque d’originalité et l’aspect économique de la voiture.
Un Moteur Modeste, mais Suffisant pour Son Segment
Sous le capot, la Daihatsu Valera proposait plusieurs motorisations, allant d’un moteur de 1,0 litre à un moteur plus puissant de 1,6 litre. Ce dernier était un moteur diesel, mais il n’a pas connu un grand succès, probablement en raison de son manque de performances et de son attrait limité sur les marchés ciblés. Le moteur de 1,5 litre, bien plus courant, offrait une puissance de 90 chevaux à 6200 tours par minute, avec un couple de 119 Nm à 3600 tours par minute, ce qui permettait à la Valera de se déplacer sans grande difficulté dans les environnements urbains et sur les routes principales.
La transmission était une boîte automatique à 4 rapports, ce qui apportait une conduite plus facile, mais moins dynamique que celle d’autres modèles concurrents. Malgré la simplicité du moteur, la voiture atteignait une vitesse maximale respectable de 163 km/h, ce qui était suffisant pour sa catégorie.
Des Performances Acceptables mais Pas Révolutionnaires
La Daihatsu Valera n’était pas une voiture de performance, et cela se ressentait au volant. Bien qu’elle ait un bon comportement sur route, sa taille compacte et son poids léger (915 kg) lui permettaient d’accélérer de 0 à 100 km/h en environ 11,6 secondes. Ce n’était pas impressionnant, mais suffisant pour une voiture conçue principalement pour les trajets urbains.
La consommation de carburant était raisonnable pour un véhicule de cette taille, avec une moyenne combinée de 8,3 L/100 km, soit environ 28,3 mpg (miles par gallon). Cela en faisait un choix relativement économique, bien qu’il ne soit pas aussi performant que certains autres modèles de la même époque en termes de consommation.
Un échec commercial
Bien que le Daihatsu Valera ait été une tentative intéressante de répondre à la demande croissante pour des petites berlines dans les années 1990, il n’a pas rencontré un grand succès sur le marché. De nombreuses raisons peuvent expliquer cet échec : son design maladroit, ses performances modestes et la concurrence de véhicules mieux établis sur le marché.
Dans un marché saturé de petites berlines, Daihatsu n’a pas réussi à convaincre les consommateurs que sa Valera offrait quelque chose de véritablement différent ou de plus attractif que ses concurrents. Le modèle a été abandonné après seulement quelques années de production, en 2001, sans jamais parvenir à se faire une place durable dans le cœur des automobilistes.
Conclusion
En somme, la Daihatsu Valera de 1996 à 2001 est un exemple de la difficulté pour certains constructeurs de transformer un modèle à hayon en une berline tricorps réussie. Bien que le modèle ait offert un moteur suffisant, des équipements corrects et une consommation raisonnable, il souffrait de problèmes esthétiques, d’une originalité limitée et de performances insuffisantes face à la concurrence. Aujourd’hui, la Valera demeure une voiture rare et peu recherchée, mais elle reste un témoin intéressant des stratégies de marché et des tentatives de diversification de marques japonaises dans les années 1990.