DAEWOO Cielo/Nexia 1994-1997 : Une tentative de Daewoo sur le marché européen
L’histoire de Daewoo, constructeur automobile coréen, est marquée par une série de stratégies audacieuses, notamment l’expansion de sa présence sur les marchés internationaux. En particulier, l’extension de Daewoo en Europe repose en grande partie sur un accord de licence avec General Motors, permettant au constructeur asiatique de produire une version modifiée de l’Opel Kadett. Toutefois, en 1994, Daewoo allait franchir un nouveau cap en introduisant une version restylée de cette voiture, appelée la Cielo ou Nexia en fonction des marchés. Ce modèle allait devenir l’un des représentants les plus notables de la marque pendant une courte période, de 1994 à 1997.

Contexte de lancement et stratégie de Daewoo
L’introduction de la Cielo/Nexia marque un moment clé dans l’histoire de Daewoo, où le constructeur coréen tentait de se faire un nom sur le marché européen en offrant un modèle à la fois accessible et bien conçu. À l’origine, Daewoo n’avait qu’un accès limité à l’utilisation de l’Opel Kadett, en raison de questions liées aux droits d’auteur et à la licence, ce qui a conduit à la création d’une version modifiée pour certains marchés européens, notamment la France, l’Espagne et l’Italie. Ce changement de nom (Cielo en Europe de l’Est et Nexia dans d’autres parties de l’Europe) est dû aux restrictions imposées par le contrat avec GM, qui ne permettait pas à Daewoo d’utiliser le nom Kadett ou de produire toutes les variantes de la voiture, comme le modèle break.
La Cielo/Nexia visait à capter l’attention des conducteurs européens avec son design mis à jour et son rapport qualité/prix. Cependant, malgré ces efforts, le modèle n’a pas réussi à s’imposer de manière significative sur les marchés européens en raison de plusieurs défauts de conception, notamment l’architecture vieillissante de la plateforme et un intérieur qui manquait de modernité.
Design extérieur : une ressemblance évidente mais des différences notables
L’extérieur de la Cielo/Nexia conserve une forte influence du design de l’Opel Kadett, mais avec des touches modernes visant à le rendre plus attrayant. Les lignes extérieures, bien qu’inspirées de celles du Kadett, étaient plus douces et épurées, avec des phares plus étroits qui contribuaient à donner au véhicule une silhouette plus fluide. De plus, les panneaux de porte et la courbure du corps rappelaient ceux du modèle d’origine, mais avec des éléments distinctifs, comme les rétroviseurs peints dans la couleur de la carrosserie, une touche souvent recherchée dans les véhicules des années 90 pour un aspect plus homogène.
Le modèle était disponible en différentes versions, comprenant une berline à 4 portes, ainsi que des variantes hatchback 3 portes et 5 portes. Cette polyvalence offrait aux consommateurs une gamme de choix adaptés à différents besoins, du jeune conducteur à la famille avec des exigences de praticité. Cependant, Daewoo ne disposait pas des droits nécessaires pour produire la version break du Kadett, ce qui limita ses options de configuration.
L’intérieur : un design fonctionnel mais daté
À l’intérieur, la Cielo/Nexia adoptait un style simple et pratique, mais qui faisait face à des critiques en raison de sa conception plutôt vieillissante. Le tableau de bord était un modèle de simplicité, avec un cadran d’instruments en quatre parties, incluant un compteur de vitesse central. Cette configuration, bien que fonctionnelle, manquait de l’innovation et de la sophistication que l’on attendait de modèles européens concurrents à l’époque.
La console centrale était équipée d’un autoradio-cassette et de boutons pour le contrôle de la climatisation, qui était disponible dans les versions haut de gamme, un atout pour un véhicule de cette catégorie. Un autre point positif était l’espace intérieur : bien que la Cielo/Nexia ait une base de roues relativement courte, les passagers arrière bénéficiaient d’un espace suffisant pour les jambes, ce qui la rendait confortable pour de longs trajets.
Moteur et performances : des améliorations limitées
Sous le capot, la Cielo/Nexia était équipée d’un moteur de 1,5 litre à 4 cylindres développant environ 90 chevaux. Ce moteur, qui utilisait l’injection multipoint, avait précédemment été alimenté par un système d’injection monopoint, un changement qui améliorait les performances et l’efficacité énergétique. La voiture était associée à une boîte manuelle à 5 vitesses, avec une option pour une boîte automatique à 3 vitesses. Bien que cette configuration offrait des performances correctes pour l’époque, elle ne pouvait rivaliser avec des modèles plus modernes qui offraient de meilleures options de motorisation et des technologies plus avancées.
Les performances de la Cielo/Nexia comprenaient une vitesse de pointe d’environ 171 km/h, ce qui était relativement raisonnable pour une voiture de cette catégorie. Cependant, l’accélération de 0 à 100 km/h en 14,5 secondes témoignait des limites de son moteur et de sa plateforme vieillissante. De plus, sa consommation de carburant se situait à 23,5 mpg en ville et 30,5 mpg sur autoroute, ce qui, bien que correct, n’était pas particulièrement économique pour une voiture de taille moyenne à l’époque.
Confort et sécurité : des compromis
Le confort de conduite était un autre domaine où la Cielo/Nexia faisait face à des critiques. Bien que la voiture fût équipée de freins à disque à l’avant et de freins à tambour à l’arrière, les systèmes de suspension et de freinage ne répondaient pas aux standards de sécurité de véhicules plus modernes, en particulier sur le marché européen. La voiture manquait également de nombreuses aides à la conduite qui seraient devenues plus courantes dans les années suivantes, comme des systèmes de contrôle de traction ou des airbags. De plus, l’aérodynamisme de la Cielo/Nexia, avec un coefficient de traînée de 0,35, était également inférieur à celui de nombreux modèles concurrents plus modernes, ce qui affectait l’efficacité énergétique et la stabilité du véhicule à haute vitesse.
En termes de confort, les suspensions étaient relativement fermes, mais elles ne parvenaient pas à atténuer suffisamment les irrégularités de la route, surtout sur les terrains plus accidentés. Cela réduisait la qualité globale de l’expérience de conduite, surtout en comparaison avec des modèles plus sophistiqués.
Conclusion : un échec relatif pour Daewoo
La Daewoo Cielo/Nexia est un exemple parfait de la tentative de Daewoo de s’imposer en Europe dans les années 90. Bien qu’il ait été un modèle populaire dans certaines régions, il n’a jamais réussi à répondre pleinement aux attentes des consommateurs européens. L’architecture vieillissante, l’absence de certaines fonctionnalités modernes et un design qui n’a pas su s’imposer face à la concurrence plus dynamique de l’époque ont limité son succès à long terme.
La Cielo/Nexia n’a pas survécu longtemps après la faillite de Daewoo, qui a déposé son bilan en 1999. Cependant, elle reste un symbole de l’aspiration de la marque coréenne à pénétrer un marché européen difficile, avec un produit qui, bien qu’inférieur à ses concurrents directs, a offert une alternative accessible pour les conducteurs à la recherche d’un véhicule bon marché. Si le modèle n’a pas marqué l’histoire de l’automobile européenne, il témoigne de la vision internationale de Daewoo et de son ambition à rivaliser avec des géants comme Opel, Volkswagen et Renault.