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Citroën Visa 1981-1988

CITROËN Visa 1981-1988 : Une voiture de transition pour Citroën

Au début des années 1980, Citroën se trouvait face à un défi majeur : renouveler son offre et rivaliser avec les autres constructeurs européens qui proposaient des véhicules plus modernes et adaptés aux nouvelles attentes des consommateurs. En effet, la voiture qui devait remplacer l’Ami, une auto lancée en 1961 et désormais vieillissante, devait correspondre à une nouvelle ère du marché. C’est ainsi qu’est née la Citroën Visa, une petite citadine à hayon qui allait marquer l’histoire de la marque française.

Genèse et Objectifs

Dans les années 70, la Renault 16 avait révolutionné le marché en introduisant le concept de carrosserie à hayon. En parallèle, la Volkswagen Golf de première génération faisait son apparition, devenant un modèle emblématique dans la catégorie des compactes. Citroën, pour sa part, devait impérativement s’adapter et proposer une réponse convaincante à ces nouveaux véhicules. La Visa allait ainsi être conçue pour rivaliser avec les modèles populaires de l’époque.

La Citroën Visa reposait sur la plateforme de la Peugeot 104, une petite voiture polyvalente, ce qui signifiait que la Visa aurait des dimensions réduites tout en offrant une praticité suffisante pour les besoins urbains. Cela marquait également le début d’une époque où Citroën et Peugeot, deux marques du groupe PSA, partageaient de plus en plus de composants et de technologies, une pratique qui allait se renforcer dans les années suivantes.

Design et Caractéristiques

La Visa était immédiatement reconnaissable grâce à son design à la fois simple et fonctionnel. Elle arborait une forme de véhicule plutôt angulaire, avec un profil typiquement des années 80. Les phares ronds et la grille à lamelles horizontales qui les séparaient étaient des éléments marquants de la face avant de la voiture. Un autre détail notable était la grille supplémentaire sous le pare-chocs, qui servait à améliorer le refroidissement du moteur à air, une particularité assez rare pour une voiture de cette catégorie.

Le modèle à cinq portes offrait suffisamment d’espace pour accueillir jusqu’à cinq passagers adultes, ce qui était un bon compromis pour une petite voiture citadine. Le coffre, quant à lui, était d’une taille raisonnable pour une voiture de cette catégorie, bien que sa capacité ait été limitée par les dimensions globales du véhicule.

Un des éléments les plus singuliers de la Citroën Visa était le placement de certains équipements. Par exemple, le frein à main était destiné aux roues avant, ce qui n’était pas une configuration très courante pour une voiture de cette époque. De plus, le pneu de secours était placé sur le moteur, une solution technique qui visait à maximiser l’espace intérieur et à faciliter l’accessibilité.

Motorisations et Performances

Sous le capot, la Citroën Visa proposait un éventail de moteurs, allant des versions essence aux modèles diesel. Le moteur de base était un petit moteur à deux cylindres de 652 cm³, qui développait une puissance de 35 chevaux (25,7 kW). Ce moteur était couplé à une boîte de vitesses manuelle à quatre rapports, ce qui permettait à la Visa d’atteindre une vitesse maximale de 125 km/h, soit 77,7 mph. Bien que ces performances ne soient pas impressionnantes par rapport aux standards modernes, elles étaient suffisantes pour une voiture de petite taille destinée principalement à la conduite urbaine.

En ce qui concerne la consommation de carburant, la Visa était relativement économe pour son époque. Avec un réservoir de 40,1 litres (10,6 gallons), elle offrait une autonomie décente, bien que la consommation exacte puisse varier en fonction du moteur et des conditions de conduite. Les moteurs diesel, bien que plus lents, étaient une option populaire pour ceux recherchant une meilleure économie de carburant sur de longues distances.

Le système de freinage de la Visa était composé de disques à l’avant et de tambours à l’arrière, une configuration assez basique pour l’époque. Bien qu’elle n’offrait pas les systèmes de sécurité modernes comme l’ABS ou les airbags, la Visa bénéficiait d’une conduite simple et directe, idéale pour les trajets en ville.

Dimensions et Confort

En termes de dimensions, la Citroën Visa mesurait 3721 mm de long, 1539 mm de large et 1430 mm de haut. Son empattement de 2431 mm et ses voies avant et arrière de 1290 mm et 1240 mm respectivement lui permettaient de tenir une bonne stabilité sur la route, même si son comportement en conduite sportive laissait à désirer. Elle pesait seulement 725 kg, ce qui en faisait un véhicule assez léger et maniable.

Le confort à bord de la Visa était suffisant pour une voiture de petite taille. Les sièges étaient assez basiques, mais offraient un bon soutien pour les trajets courts. La voiture était équipée de certains équipements modernes pour l’époque, comme une radio et un essuie-glace arrière, qui étaient disponibles selon les niveaux de finition. Le coffre pouvait contenir environ 300 litres de bagages, ce qui était un atout pour les petites escapades ou les courses hebdomadaires.

Citroën Visa : Une Voiture de Transition

Bien que la Visa n’ait pas marqué l’histoire en tant que voiture révolutionnaire, elle représentait une étape importante pour Citroën, permettant à la marque de se maintenir sur le marché des petites voitures alors que l’Ami devenait obsolète. La Visa était une voiture simple et abordable, mais qui restait néanmoins suffisamment agréable à conduire et pratique pour son époque.

En 1988, Citroën arrêta la production de la Visa, la remplaçant par la Citroën AX, une autre petite voiture basée sur la même plateforme que la Peugeot 205. La Visa laissa donc une trace importante dans le paysage automobile français, même si elle ne connut pas un succès mondial. Elle s’est avant tout imposée sur le marché européen, notamment en France, où elle a trouvé son public grâce à sa petite taille, sa simplicité et son coût d’entretien modéré.

Conclusion

La Citroën Visa, produite entre 1981 et 1988, reste un témoignage intéressant de l’évolution de l’automobile dans les années 80. Dans un marché en pleine transformation, où les véhicules à hayon devenaient la norme, la Visa a permis à Citroën de maintenir sa place parmi les constructeurs européens. Si elle n’a pas marqué l’histoire comme d’autres modèles emblématiques, elle demeure une voiture de caractère, capable d’offrir un service fiable et simple pour les citadins.

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