Le retard de la marche chez les enfants est une préoccupation commune pour de nombreux parents. Alors que certains bébés commencent à marcher à 9 mois, d’autres prennent leur temps et peuvent commencer bien plus tard. Il est important de comprendre que le développement de chaque enfant est unique et qu’un retard dans l’acquisition de la marche ne signifie pas nécessairement un problème de santé. Cependant, il existe plusieurs raisons pour lesquelles un enfant peut présenter un retard dans la marche. Cet article explore les causes possibles de ce retard, les facteurs influençant ce développement, ainsi que les stratégies pour accompagner les enfants dans cette étape cruciale de leur croissance.
Le développement moteur et la marche
Le développement moteur chez un enfant passe par plusieurs étapes, de la simple motricité réflexe à la maîtrise des mouvements plus complexes. Les premières étapes du développement moteur comprennent le contrôle de la tête, le retournement, le fait de s’asseoir, de se tenir debout, puis la marche. Chaque étape est importante et constitue une pierre angulaire pour l’étape suivante. Ainsi, la marche, qui survient généralement entre 9 et 18 mois, est influencée par une combinaison de facteurs génétiques, physiques, environnementaux et culturels.

Il est important de souligner que la grande majorité des enfants marchent entre 12 et 18 mois, et tout retard léger (jusqu’à 2 ou 3 mois) n’est pas préoccupant. Cependant, un retard plus important, notamment au-delà de 18 mois sans progrès vers la marche, peut alerter les parents et les professionnels de santé.
Les causes possibles de retard dans la marche
1. Facteurs génétiques et héréditaires
Certains enfants peuvent naturellement atteindre les étapes de leur développement moteur plus lentement que d’autres, et cela peut être lié à des facteurs génétiques. Si les parents ou les membres proches de la famille ont eu un développement moteur plus tardif, cela peut se manifester chez l’enfant. Ce type de retard n’est généralement pas préoccupant et fait partie d’une variation normale du développement humain.
2. Manque de stimulation motrice
L’environnement de l’enfant joue un rôle crucial dans son développement moteur. Un enfant qui ne bénéficie pas de suffisamment de stimulation, d’opportunités d’explorer ou d’interagir avec son environnement peut développer un retard dans la marche. Les enfants qui ne sont pas encouragés à ramper, se retourner ou se tenir debout peuvent mettre plus de temps à marcher. Le manque d’espace pour bouger librement ou des situations de surprotection peuvent limiter les occasions de renforcer les muscles et les compétences motrices nécessaires à la marche.
3. Les problèmes de tonus musculaire et les troubles neurologiques
Certains troubles médicaux peuvent affecter le tonus musculaire, ce qui rend plus difficile le développement de la marche. Par exemple, un tonus musculaire trop faible (hypotonie) ou trop élevé (hypertonie) peut entraver les mouvements nécessaires à l’acquisition de la marche. Des affections telles que la paralysie cérébrale, la dystrophie musculaire ou d’autres troubles neurologiques peuvent être associées à des retards dans les étapes du développement moteur, y compris la marche. Dans ces cas, un suivi médical spécialisé est essentiel pour évaluer et traiter les problèmes sous-jacents.
4. Problèmes orthopédiques
Certaines malformations ou problèmes orthopédiques peuvent également expliquer un retard dans la marche. Par exemple, les enfants qui ont une dysplasie de la hanche (développement anormal de l’articulation de la hanche) ou d’autres malformations des membres inférieurs peuvent rencontrer des difficultés à marcher. Dans ces cas, une consultation avec un pédiatre ou un spécialiste en orthopédie est recommandée pour déterminer s’il existe des problèmes structurels.
5. Retard global de développement
Certains enfants présentent un retard global de développement qui affecte à la fois leurs compétences motrices et d’autres aspects du développement, comme le langage ou les compétences sociales. Ce retard peut être le signe d’un trouble du développement, tel que le retard de développement global ou un trouble du spectre de l’autisme. Dans de tels cas, le retard de la marche est souvent accompagné d’autres retards ou anomalies dans le développement d’autres compétences.
6. L’impact des facteurs environnementaux et sociaux
L’environnement socio-économique et culturel peut également jouer un rôle dans le développement de la marche chez un enfant. Dans certaines cultures, les enfants sont portés ou soutenus en permanence, ce qui limite la possibilité d’explorer l’environnement et de développer leur motricité. De plus, dans des environnements où l’accès aux soins médicaux ou à des services de stimulation précoce est limité, les enfants peuvent prendre plus de temps pour atteindre certaines étapes du développement, y compris la marche.
7. Prématurité
Les bébés prématurés, nés avant la 37e semaine de grossesse, peuvent également prendre plus de temps pour marcher en raison de leur développement physique retardé. Les bébés prématurés sont souvent plus fragiles et peuvent nécessiter plus de temps pour acquérir des compétences motrices, y compris la capacité de marcher. Les parents de bébés prématurés devraient être conscients de ce délai potentiel et travailler avec les pédiatres pour surveiller les progrès du développement.
Quand consulter un médecin ?
Bien que le retard dans la marche soit souvent normal, il existe des signes qui doivent inciter les parents à consulter un pédiatre ou un spécialiste :
- Si l’enfant ne se tient pas debout à 18 mois ou ne marche pas à 2 ans.
- Si l’enfant semble avoir une raideur ou une faiblesse musculaire excessive.
- Si l’enfant présente une démarche anormale, comme des pieds plats sévères, une rotation interne excessive des jambes, ou d’autres anomalies physiques évidentes.
- Si des retards dans d’autres domaines du développement (comme le langage, la socialisation, etc.) sont présents en plus du retard de marche.
Un professionnel de la santé pourra évaluer l’enfant et déterminer si un suivi particulier est nécessaire, y compris des examens neurologiques, des bilans orthopédiques ou d’autres tests médicaux.
Comment aider un enfant à marcher ?
Il existe plusieurs stratégies pour aider un enfant à développer ses compétences motrices et favoriser la marche :
1. Encourager l’exploration
Les parents doivent offrir à leurs enfants des occasions d’explorer librement leur environnement. Laisser l’enfant ramper, se tenir debout avec un soutien et essayer de marcher dans un espace sécurisé peut l’aider à développer sa force musculaire et ses compétences motrices.
2. Pratiquer la motricité globale
Des activités comme le jeu au sol, les jeux de ballon, ou la danse peuvent renforcer les muscles et aider les enfants à prendre confiance dans leur corps. Encourager l’enfant à marcher avec le soutien d’un adulte ou à l’aide de petits chariots de marche est également bénéfique.
3. Utiliser des chaussures appropriées
Lorsque l’enfant commence à se tenir debout et à faire ses premiers pas, il est important de lui offrir des chaussures adaptées qui soutiennent ses pieds tout en permettant un bon développement du pied. Les chaussures doivent être légères, souples et offrir une bonne adhérence pour éviter les chutes.
4. Suivi médical
Si un retard dans la marche est constaté, un suivi médical est essentiel. Cela permet d’identifier toute condition sous-jacente et d’intervenir rapidement, si nécessaire, pour soutenir le développement de l’enfant.
Conclusion
Le retard dans la marche chez les enfants est un phénomène fréquent et, dans la majorité des cas, n’est pas un signe d’anomalie. Cependant, il peut être influencé par une variété de facteurs, tels que des différences génétiques, des troubles de développement, des problèmes physiques ou des influences environnementales. Les parents doivent être attentifs à l’évolution de leur enfant et consulter un professionnel de santé si des signes de retard important ou de troubles moteurs sont présents. En offrant un environnement stimulant et un soutien approprié, la plupart des enfants finissent par acquérir la marche et les autres compétences motrices à leur propre rythme.