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Cadillac Allante : Échec sportif

Cadillac Allante 1987-1993 : Une tentative ambitieuse mais coûteuse pour rivaliser avec les meilleures roadsters

À la fin des années 1980, Cadillac, une marque iconique de General Motors, a décidé de se réinventer. Conscients de la nécessité d’évoluer et de conquérir de nouveaux segments de marché, ils ont cherché à moderniser leur image et à rivaliser avec des véhicules européens de luxe. Ainsi, la Cadillac Allante, produite entre 1987 et 1993, est née de cette volonté de changer de direction. Pour ce faire, Cadillac s’est associée au célèbre designer italien Pininfarina, connu pour ses collaborations avec Ferrari et d’autres marques de prestige. L’objectif était ambitieux : créer un roadster de luxe qui puisse rivaliser avec des modèles comme la Mercedes-Benz SL ou la Jaguar XJS. Cependant, malgré un design attrayant et une production coûteuse, l’Allante n’a pas réussi à rencontrer le succès escompté. Retour sur un projet audacieux et ses défis.

Le défi du design et de la production

Cadillac cherchait à renouveler son langage esthétique à la fin des années 1980. À une époque où les voitures de luxe américaines étaient souvent perçues comme massives et peu raffinées, la marque voulait offrir un véhicule plus sportif et élégant. Pour atteindre cet objectif, la collaboration avec Pininfarina, un atelier de design italien renommé, semblait être la solution idéale. Pininfarina était déjà célèbre pour ses créations destinées à Ferrari, et ses modèles décapotables étaient particulièrement recherchés.

Le design de l’Allante, tel que conçu par Pininfarina, était résolument moderne pour l’époque. Avec son corps élancé et sa ligne de toit effilée, l’Allante offrait un look aérodynamique et sportif. Le modèle était équipé d’une grille avant courte et plate, de phares rectangulaires et d’un pare-chocs en plastique, une combinaison révolutionnaire pour un modèle Cadillac. De plus, la voiture se distinguait par ses feux arrière horizontaux carrés, qui étaient un choix audacieux pour l’époque.

Mais la complexité de cette collaboration entre Pininfarina et Cadillac allait rapidement devenir un obstacle majeur. En effet, les carrosseries de l’Allante étaient fabriquées à Turin, en Italie, avant d’être expédiées à Detroit pour un assemblage final. Cette méthode de production, bien que prestigieuse, était coûteuse et peu pratique. En conséquence, les coûts de fabrication étaient élevés, ce qui a largement contribué à rendre l’Allante trop cher pour le marché auquel elle était destinée. En tout, seulement 21 000 unités ont été produites entre 1987 et 1993, ce qui témoigne de l’échec relatif du modèle.

L’intérieur et les caractéristiques techniques

À l’intérieur, l’Allante offrait une ambiance de luxe, fidèle à l’esprit Cadillac. La voiture était équipée de sièges baquets en cuir, séparés par une console centrale. Cependant, contrairement à de nombreux roadsters européens, l’Allante ne proposait pas de banquette arrière, ce qui ajoutait au côté exclusif de la voiture, tout en conservant une impression de sportivité.

Un des défis du design de l’Allante était le toit décapotable, qui devait être parfaitement dissimulé lorsque la capote était repliée. Bien que Cadillac ait essayé d’offrir une solution élégante en cachant la capote entre la cabine et le coffre, une partie de celle-ci restait exposée, nécessitant l’ajout d’une couverture en tonneau pour la protéger. Ce détail ne correspondait pas tout à fait aux attentes des clients de luxe, surtout dans un modèle censé rivaliser avec des références européennes.

Du point de vue des performances, l’Allante a fait des compromis. Le modèle de base était propulsé par un moteur V8 de 4,1 litres développant 170 chevaux, un chiffre relativement faible pour une voiture qui aspirait à être un roadster sportif. Cette puissance est rapidement apparue comme insuffisante face aux performances des rivaux européens, comme les moteurs plus puissants de Mercedes-Benz ou de Jaguar. Même si, au fil des années, les versions de l’Allante ont vu leur puissance augmenter, atteignant presque 300 chevaux, les moteurs restaient peu inspirants en comparaison des options offertes par les marques concurrentes.

De plus, l’Allante était équipée d’une traction avant, une configuration qui n’était pas idéale pour un roadster, genre de voiture où la propulsion arrière est souvent privilégiée pour de meilleures sensations de conduite et une répartition du poids plus favorable.

Les performances en chiffres

Lors de son lancement en 1987, l’Allante était équipée d’un moteur V8 de 4,1 litres, capable de délivrer 170 chevaux (170 bhp) à 4300 tours par minute. Le couple atteignait 235 lb-ft (319 Nm) à 3200 tours par minute. Ce moteur était couplé à une boîte automatique à 4 rapports, et permettait à la voiture d’atteindre une vitesse maximale de 124 mph (200 km/h). L’accélération de 0 à 100 km/h était réalisée en 10,2 secondes, une performance correcte, mais peu impressionnante face aux rivaux européens de l’époque.

En termes de consommation de carburant, l’Allante affichait des chiffres modérés, avec une consommation urbaine de 14,7 L/100 km et une consommation sur autoroute de 12,4 L/100 km. Le modèle avait un réservoir de carburant d’une capacité suffisante pour de longues distances, bien qu’il n’ait pas été aussi économique que certains de ses concurrents.

L’échec commercial

Malgré son design attrayant et ses caractéristiques techniques intéressantes, l’Allante n’a pas réussi à séduire le marché comme Cadillac l’espérait. Le prix élevé de la voiture, lié à sa production complexe et à ses coûts de fabrication en Italie, a largement contribué à son échec commercial. De plus, les performances du modèle étaient inférieures à celles de ses rivaux, et la configuration à traction avant n’était pas idéale pour un roadster de luxe. Enfin, la concurrence féroce des marques européennes, qui proposaient des voitures à la fois plus performantes et mieux établies, a rendu difficile la percée de l’Allante.

L’Allante a néanmoins marqué une étape importante dans l’histoire de Cadillac, car elle a tenté de redéfinir l’image de la marque, en se dirigeant vers des modèles plus sportifs et plus raffinés. Mais l’expérience s’est soldée par un échec commercial, et l’Allante n’a pas réussi à s’imposer dans le segment des roadsters de luxe.

Conclusion

La Cadillac Allante, produite entre 1987 et 1993, reste un exemple fascinant d’une tentative audacieuse mais coûteuse de pénétrer le marché des roadsters de luxe. Son design élégant, sa collaboration avec Pininfarina et ses efforts pour rivaliser avec des modèles européens de renom en font un véhicule apprécié par certains passionnés de voitures, bien que son échec commercial soit inévitable au regard de la concurrence. Si la Allante reste un symbole de l’ambition de Cadillac pour se réinventer, elle n’a pas réussi à convaincre suffisamment de consommateurs pour changer le cours de l’histoire de la marque.

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