BUGATTI Type 251 1955-1956 : Un chef-d’œuvre de l’ingénierie automobile
L’histoire de la marque Bugatti, synonyme de luxe et de performance, est parsemée de réalisations exceptionnelles, dont le Bugatti Type 251 de 1955-1956. Bien que la Type 251 n’ait pas marqué les annales de la compétition automobile comme certains autres modèles de la marque, elle incarne un moment clé dans l’histoire de Bugatti, un dernier cri avant la fin d’une époque.
Un Contexte Troublé pour Bugatti
Au milieu des années 1950, Bugatti se trouvait dans une situation financière difficile, après plusieurs années de turbulences économiques et de changements dans la direction de l’entreprise. L’illustre marque française, fondée par l’ingénieur italien Éttore Bugatti, avait connu une période de grande prospérité dans les années 1920 et 1930 avec des modèles tels que la Type 35, qui dominait les circuits. Cependant, dans les années suivantes, Bugatti avait été frappée par des problèmes financiers liés à la guerre et à la récession économique.

En 1955, alors que la marque avait été rachetée par la société italienne Hispano-Suiza et qu’elle était en mauvaise posture, Bugatti entreprit un dernier effort pour sauver son honneur en produisant la Type 251. Le modèle était destiné à être un bolide de compétition de haut niveau, conçu pour participer au prestigieux Grand Prix de France. Cependant, malgré ses grandes ambitions et son design impressionnant, le Bugatti Type 251 n’a pas rencontré le succès escompté. Le prototype a abandonné la course lors du 18e tour, laissant une impression mitigée dans les paddocks.
Le Design Innovant du Bugatti Type 251
Le Type 251 de Bugatti se distingue par une ligne aérodynamique saisissante et une configuration technique audacieuse. Sa carrosserie large et carrée semblait vouloir capter l’air et le diriger de manière optimale pour réduire la traînée, un atout essentiel sur les circuits à grande vitesse. Ce design particulier avait pour objectif de maximiser la performance tout en apportant un certain degré d’élégance à la machine.
L’avant du Type 251 présente une forme aérodynamique affinée, avec un capot partiellement couvrant les roues avant, ce qui visait à améliorer la pénétration dans l’air et à réduire la résistance. Le large refroidisseur d’air avant, conçu pour assurer un flux d’air optimal vers le radiateur situé à l’arrière du véhicule, témoigne de l’attention particulière portée à l’efficacité du refroidissement du moteur.
Le cockpit était conçu pour le pilote avec un siège rembourré, intégrant un appui-tête et une ergonomie permettant de gérer la machine avec une précision optimale. Le volant Bugatti, très spécifique, se distingue par son design à quatre branches et le logo emblématique « EB » inscrit au centre. Les instruments de bord étaient disposés de manière fonctionnelle, avec un tachymètre directement en face du conducteur et le compteur de vitesse placé à gauche. Ces détails témoignaient de l’attention au confort et à la performance que la marque avait l’habitude d’offrir.
Le Moteur : Une Performance Modeste
Au cœur de cette machine résidait un moteur huit cylindres en ligne, monté transversalement derrière la cabine du conducteur. Ce moteur, bien que techniquement impressionnant pour l’époque, ne réussit pas à atteindre la performance escomptée en compétition. Le moteur de 2,5 litres (2486 cm3) était alimenté par quatre carburateurs double corps Weber, et chaque cylindre possédait deux bougies d’allumage, une configuration innovante pour maximiser l’efficacité de la combustion. Les gaz d’échappement étaient regroupés en quatre canaux distincts et évacués par des sorties placées sur les côtés du véhicule, un choix esthétique et fonctionnel à la fois.
Malgré cette technologie avancée, la voiture souffrait de quelques choix techniques qui compromettaient ses performances sur circuit. Le Type 251 était équipé d’un essieu arrière De Dion, une configuration obsolète comparée aux systèmes indépendants à quatre roues utilisés par la plupart des concurrents à l’époque. Cette différence technologique se révéla préjudiciable lors des virages à grande vitesse, où l’essieu rigide ne parvenait pas à offrir la stabilité nécessaire, affectant ainsi le comportement du véhicule dans les situations de course les plus exigeantes.
L’Absence de Succès en Compétition
L’objectif de Bugatti avec la Type 251 était de redorer son blason dans le monde de la course automobile. Mais malgré un design exceptionnel et une puissance de moteur qui aurait pu rivaliser avec celle des meilleurs concurrents de l’époque, la voiture ne parvint pas à obtenir de résultats significatifs. Lors de sa participation au Grand Prix de France en 1955, le Type 251 abandonna la course au 18e tour, marquant la fin de son aventure sur le circuit.
Bugatti avait misé gros sur la Type 251 en espérant que ce modèle de course attirerait plus de clients pour sauver la marque. Malheureusement, le destin de la marque semblait scellé. L’ambition de produire huit autres unités de ce modèle de course fut rapidement abandonnée, et la Type 251 resta une curiosité pour les passionnés d’automobile et un rappel des grandes heures de la marque. Bugatti n’alla pas au-delà des deux prototypes construits, et l’histoire du Type 251 prit fin de manière prématurée.
Conclusion : Un Héritage Inachevé
Bien que le Bugatti Type 251 n’ait pas connu le succès sur les circuits, il reste un témoignage fascinant de l’ingénierie automobile des années 1950 et du courage de Bugatti à tenter de revenir sur la scène des courses après des années difficiles. Le modèle est un exemple de ce que la marque aurait pu accomplir si les conditions avaient été différentes.
Aujourd’hui, le Type 251 est une rareté qui rappelle les ambitions de Bugatti à une époque où l’entreprise luttait pour sa survie. Il demeure un symbole de ce qui aurait pu être, un chef-d’œuvre incomplet qui n’a jamais eu l’opportunité de s’épanouir pleinement. Si le Type 251 n’a pas fait ses preuves en course, il a laissé un héritage de design innovant et de prouesses mécaniques qui continue d’inspirer les passionnés d’automobiles classiques et les experts du secteur.
Le Bugatti Type 251 de 1955-1956, bien qu’il n’ait pas eu l’impact attendu, représente ainsi un chapitre intrigant et mélancolique dans l’histoire d’une marque légendaire, qui continue d’écrire de nouvelles pages dans l’univers des voitures de luxe et de haute performance.