Quelle était la capitale de l’Italie avant Rome ?
L’histoire de l’Italie en tant qu’unité nationale est relativement récente comparée à celle de nombreux autres pays européens. Avant la formation de l’Italie moderne en 1861, la péninsule était divisée en plusieurs royaumes, états et principautés indépendants. En conséquence, la notion de « capitale » n’était pas uniforme, car chaque entité politique avait sa propre capitale. Cependant, lorsqu’il s’agit de la question de la capitale avant Rome, nous devons explorer les périodes de l’histoire de l’Italie où plusieurs villes ont joué un rôle crucial, à la fois sur le plan politique et culturel.
1. Rome avant l’unification de l’Italie
Avant de devenir la capitale de l’Italie unifiée en 1871, Rome n’était pas la capitale d’unité politique, mais plutôt celle de l’État pontifical, un vaste territoire dirigé par le pape. Pendant près de 1 000 ans, Rome a été un centre religieux et spirituel de premier plan, notamment après l’adoption du christianisme comme religion d’État de l’Empire romain au IVe siècle. Cependant, la Rome antique n’était pas seulement le centre de l’Empire romain ; elle avait aussi des rivaux, et pendant des siècles après la chute de l’Empire romain d’Occident, elle a été une ville marquée par les luttes entre différentes puissances.

2. Les autres capitales avant Rome
La question de savoir quelle ville était la capitale de l’Italie avant Rome se réfère donc aux différentes périodes de l’histoire de la péninsule italienne. Voici les principales villes qui ont été des centres politiques avant que Rome ne devienne la capitale de l’Italie moderne.
a. Turin (1861-1865)
Lorsque l’Italie a été unifiée en 1861 sous la direction de Victor Emmanuel II, Turin est devenue la première capitale du Royaume d’Italie. Cette ville, autrefois capitale du Royaume de Sardaigne, était le cœur politique de l’unification italienne. C’est là que le premier parlement italien a été établi, et c’est à Turin que se sont organisés les premiers pas vers la création d’une Italie unifiée. Cependant, cette situation ne dura que quelques années. La question de la place de Rome dans le nouvel état italien était toujours un enjeu majeur.
b. Florence (1865-1871)
Après Turin, c’est Florence qui est devenue la capitale du Royaume d’Italie. Ce changement de capitale a été décidé pour des raisons stratégiques et politiques. Florence était en effet plus centrée géographiquement par rapport à Turin, et sa position était considérée comme plus avantageuse pour le gouvernement italien qui cherchait à renforcer l’unité nationale. Sous le règne du roi Victor Emmanuel II, Florence est donc devenue le cœur administratif du royaume. Toutefois, Rome, capitale historique de l’Empire romain, restait un objectif pour les nouveaux dirigeants italiens.
c. Rome (après 1871)
Rome, bien que longtemps sous le contrôle du pape, est devenue la capitale de l’Italie unifiée après les événements de 1870. La prise de Rome, lors de la guerre des États pontificaux, marque la fin de l’influence temporelle du pape sur la ville. L’armée italienne entre à Rome le 20 septembre 1870, et depuis lors, Rome est restée la capitale de l’Italie moderne.
3. L’importance de Rome à travers l’histoire
La capitale actuelle, Rome, a une histoire longue et complexe. Elle fut le centre du monde antique et le cœur de l’Empire romain, qui dominait une grande partie de l’Europe, de l’Afrique du Nord et de l’Asie Mineure. La ville a également été un centre de pouvoir pour l’Église catholique. Après la chute de l’Empire romain d’Occident en 476, Rome devint un symbole de la chrétienté et le siège du pape, et cela a duré jusqu’au Risorgimento, la période de l’unification italienne.
Avant le XIXe siècle, Rome a donc été le centre religieux et culturel de l’Italie, mais pas son centre politique. Ce rôle politique a été joué par des villes comme Florence, Turin et Naples, tandis que Rome était soit sous domination papale, soit un centre de culture et de pouvoir religieux.
4. Le Risorgimento et la prise de Rome
L’unification de l’Italie (Risorgimento) fut un processus complexe qui dura plusieurs décennies et qui impliqua une série de guerres, de compromis politiques et d’alliances entre les différentes régions de la péninsule. Un des aspects les plus sensibles de ce processus fut la question de Rome. En effet, Rome représentait à la fois un enjeu symbolique, en tant que cœur historique de l’Empire romain et centre du christianisme, et un enjeu politique, car elle était sous la domination du pape et de l’Église catholique.
La prise de Rome en 1870 marqua donc un tournant dans l’histoire de l’Italie. L’armée italienne, après avoir éliminé la présence française (qui soutenait le pape), entra dans la ville, mettant fin à des siècles de domination papale. En 1871, Rome devint officiellement la capitale de l’Italie, et la ville a été rapidement transformée pour répondre aux besoins d’une capitale moderne, avec la construction de nouveaux bâtiments administratifs et la rénovation des infrastructures urbaines.
5. Rome et son rôle après l’unification
Après 1871, Rome, en tant que capitale de l’Italie, est devenue un symbole du nouvel état unifié. La ville, qui avait été le siège du pouvoir impérial et religieux, devint le cœur administratif, politique et économique du pays. Toutefois, les relations entre l’Italie et l’Église catholique restèrent tendues pendant plusieurs décennies, notamment en raison de la question du Vatican et des « pouvoirs temporels » du pape. Ce n’est qu’en 1929, avec la signature des accords du Latran, que l’Italie et le Vatican réglèrent leurs différends, avec la création de la Cité du Vatican en tant qu’entité indépendante.
Conclusion
Avant que Rome ne devienne la capitale de l’Italie moderne, plusieurs villes avaient joué ce rôle, chacune ayant ses propres raisons stratégiques et historiques. Turin et Florence furent les premières capitales du Royaume d’Italie, mais c’est avec la prise de Rome en 1870 que la ville est devenue la véritable capitale politique du pays. Aujourd’hui, Rome demeure une capitale à la fois historique et moderne, un centre politique et culturel majeur, tout en continuant de porter son héritage historique en tant que berceau de l’Empire romain et centre du christianisme.